Le Cabaret Vert 2019 : une pléiade d'artistes sur les terres
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Le Cabaret Vert 2019 : une pléiade d'artistes sur les terres d'Arthur Raimbaud
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Le Cabaret Vert 2019 : une pléiade d’artistes sur les terres d’Arthur Raimbaud

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4 septembre 2019 - par Nicolas FOURNIER

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Après le festival du Chien à Plumes, le mois d’août me permet à nouveau d’assister à un second événement dans ma région d’origine, à savoir la 15e édition du Cabaret Vert.

L’affiche est une fois de plus alléchante en mélangeant habilement des poids lourds internationaux (Twenty One Pilots, Prophets of Rage), des légendes du rock (Johnny Marr, Patti Smith) et surtout une clique de rappeurs franco-belges (Roméo Elvis, IAM, Orelsan, Caballero & JeanJass, auxquels on peut rajouter la chanteuse Angèle). Et beaucoup d’autres découvertes (Courtney Barnett, Oh Sees). Allez, c’est parti, direction les Ardennes pour la troisième année de suite (les photos disponibles ici) !

Jeudi au Cabaret Vert

Il est 17h ce jeudi 22 août 2019 et la foule est déjà massée devant l’entrée du festival pour ce qui sera quatre jours de fête. Le Cabaret Vert affiche complet pour chaque journée et c’est mérité au regard de la qualité de l’affiche. Place à l’aventure sur les rives de la Meuse.

Il n’y a pas trop à attendre pour assister au premier concert, celui de Dégage. Le quatuor rémois se présente devant les festivaliers quelques minutes seulement après l’ouverture. Leur pop saupoudrée d’éléments électros déménage effectivement et est soutenue par un chant en français de qualité. Cela donne envie d’en entendre plus sur leur univers.

Après cette première découverte, direction la grande scène (appelée Zanzibar) pour suivre la première légende au programme de cette année : Johnny Marr ! Le son de Manchester. Au programme : des tubes (Bigmouth Strikes Again, This Charming Man) et même une reprise étonnante (I Feel You de Depeche Mode) et surtout, une présence sur scène charismatique servie par un son toujours d’actualité.

Le Cabaret Vert 2019 : une pléiade d'artistes sur les terres d'Arthur Raimbaud

Je n’ai jamais pu voir Rage Against The Machine en concert et c’est donc tout heureux que je ressors mon tee-shirt à leur effigie (période Evil Empire) pour celui de Prophets of Rage. Ou quand trois musiciens de RATM s’associent à leurs amis rappeurs de Cypress Hill (au programme de l’édition 2017 du Cabaret Vert).

Sur scène, ils alternent les tubes des deux groupes et les compositions de la nouvelle entité. Même si la voix de Zach de la Rocha (chanteur charismatique et politisé de RATM) manque par moment, la virtuosité de Tom Morello à la guitare rattrape aisément en nous plongeant quelques années en arrière au fait de la gloire du combo mêlant rap et métal. Un petit medley hip-hop entrecoupe le concert (Insane in the Brain, Jump Around…) et au final, les deux univers se mélangent habilement.

Retour sur la scène des Illuminations (la petite scène donc)

Tiens, on y retrouve Caballero & JeanJass (après le Chien à Plumes au début du mois). Le duo bruxellois, deux collaborateurs réguliers de Roméo Elvis (qui sera sur scène deux heures plus tard) met le feu sur la petite scène, comme des grands.

Place à Twenty One Pilots, dont les fans (reconnaissables à leurs accessoires de couleur jaune) sont très présents et volent même la vedette au chanteur en couvrant sa voix lors des premiers morceaux. Le duo de l’Ohio n’a pourtant pas lésiné sur les moyens : une voiture en flamme et de multiples acrobaties (dont un salto arrière du batteur) pour assurer le spectacle. Manque de chance pour moi : j’ai toujours un peu de mal avec ce genre de groupe, un peu trop lisse et dont l’inspiration urbaine manque de substance (surtout quand on passe derrière les musiciens de Prophets of Rage).

Mais reconnaissons-leur cette qualité : ils font le show. D’ailleurs, entre festivaliers, on se demande si l’affiche du jour n’aurait pas eu plus de succès le samedi soir. En clôture de festival, ces groupes auraient fait sensation.

Le Cabaret Vert 2019 : une pléiade d'artistes sur les terres d'Arthur Raimbaud

S’il s’agit de la grosse affiche de la journée, d’autres prestations sont à noter comme celle de Skeggs, trio à la dégaine peu croyable, mais qui envoie un gros son pas déplaisant. Johnny Mafia est de la partie aussi au Razorback, scène située près d’un bar et dont la programmation est alléchante, surtout le samedi soir qui sera consacré à la scène punk de Liège (Cocaine Piss, It It Anita…). Enfin, les fans de rap concluront avec Roméo Elvis qui sera rejoint par Caballero & JeanJass et même Djibril Cissé ! L’ancien footballeur s’est en effet reconverti en DJ. Pourtant, il est aussi temps de rentrer, car le lendemain offrira peu de temps morts.

Vendredi au Cabaret Vert

Pour cette seconde journée, j’arrive plus tôt pour me ruer au stand BD. Se tenant désormais durant les quatre jours du Cabaret Vert, ce festival dans le festival accueille de nombreux aficionados et des auteurs prestigieux. Alors, quelle série préférez-vous : plutôt Walking Dead ou Lou ? Vous aurez l’embarras du choix : en tout cas les deux dessinateurs de ces séries sont côte à côte et se font concurrence pour déplacer les fans.

Avant la reprise des concerts, j’en profite aussi pour déambuler du côté des arts de rue. Même si les attractions proposées sont quasi-identiques à celles de l’an passé, ce côté fête foraine steampunk plaît toujours autant pour son côté décalé.

On se pose ensuite sur la grande scène pour le concert de Ziggy Marley, qui suit la voix de son père, dont il reprend One Love. On peut même rester tout la soirée sur la grande scène, car trois artistes issus de la culture urbaine vont s’y succéder : on commence avec IAM. Les vétérans du hip-hop (au même titre que le Suprem NTM programmé l’an passé) égrènent leurs tubes toujours aussi pertinents (Nés sous la même étoile, Je danse le mia) et font bouger les fans comme à la belle époque.

Ensuite, c’est Angèle qui interprète ses tubes (La thune, La loi de Murphy, Balance ton quoi) et se lance dans une audacieuse reprise de Pauline Croze (T’es beau). Arrivée avec une kalachnikov (en plastique) à la main, la Belge n’est pas là pour plaisanter. Bien rencardée sur le public local grâce au passage de son frère la veille, elle se montre proche du public carolo-mazerien et s’offre d’ailleurs un duo (virtuel) avec Roméo Elvis.

Le Cabaret Vert 2019 : une pléiade d'artistes sur les terres d'Arthur Raimbaud

Enfin, c’est au tour d’Orelsan dont c’est le dernier concert de la tournée. Mettant en avant ses musiciens et producteurs, il balaie la quasi-intégralité de son dernier album. C’est très bon (souvent quand il aborde les relations interpersonnelles), moins parfois, surtout quand les vieux démons misogynes le reprennent. Le flow est impressionnant (voir Épilogue qui ouvre le bal avec un débit mitraillette) plus quelconque quand il s’essaie au chant. À l’image de Twenty One Pilots la veille, je reste un peu sur ma faim avec la tête d’affiche de la journée. Mais le public est conquis et il remplit l’espace devant la grande scène.

Pour changer de genre, il faut aller sur la scène des Illuminations : Israel Nash propose une ambiance très americana dans le milieu de l’après-midi, mais c’est surtout Courtney Barnett qui propose douze brûlots souvent féministes (I’m not you mother) avec une énergie et une conviction folles. Je ne connaissais jusque là l’Australienne que de nom et j’ai déjà hâte de la revoir dans une salle.

Enfin, les étonnants Oh Sees (ex-The Oh Sees pour ceux qui suivent leur carrière) dont la particularité est d’être composés de deux batteurs, entrent en scène. C’est plutôt le guitariste qui se met en avant avec de très bons riffs. Dommage que les parties vocales soient moins bonnes.

Le vendredi a aussi été l’occasion de visiter le cinéma. J’y ai vu deux reportages sur le mal-logement et les abus sexuels des soldats de l’ONU en Afrique. Oui, ce n’est pas très glamour et même un peu aride, mais ça n’en demeure pas moins pertinent. Juste à côté, ce sont des débats sur l’écologie qui se tiennent. Avec notamment une thématique toilettes sèches. Non ce n’est pas une blague. D’ailleurs, un magazine spécialisé est disposé bien en vue sur les bancs. Non, ce n’est toujours pas une blague, ça s’appelle Flush. Si ça vous dit…

Samedi au Cabaret Vert 2019

Pour mon dernier jour de présence sur le site, j’arrive à nouveau tôt afin de filer interviewer le groupe Redemption. Juste avant leur performance sur la scène des Illuminations, le trio familial se confie sur son avenir avant de livrer une prestation convaincante. Ensuite, mon programme se concentre sur la grande scène.

Redemption : interview de la nouvelle sensation du métal français

Pour les amateurs de découvertes, il y a encore de quoi faire : les britanniques de James, The Dunts et leur punk rock sympathique et même la locale de l’étape, Fishbach, pour un DJ set.

Enfin, les têtes d’affiche s’enchaînent sur la scène Zanzibar. Les Australiens d’Airbourne se lancent. Les compatriotes d’AC/DC semblent vouloir rendre un hommage appuyé au groupe d’Angus Young. Cela en est parfois limite gênant. Ils en font beaucoup (trop ?) pour jouer la carte rockstar. Notamment les deux douzaines d’amplis Marshall encadrant la batterie. Cependant, le public réagit bien et globalement on passe un agréable moment en leur compagnie.

Ensuite, une autre légende arrive : Patti Smith. Elle connait bien la ville dont elle se souvient être venue pour la première fois en 1973. Passionnée par Artur Raimbaud, qu’elle appelle affectueusement par son prénom. Sur scène, elle égrène ses principaux succès : People Have the Power ouvre le bal qui se conclura avec Gloria. Entre temps, il y aura des reprises plus ou moins étonnantes. On notera toutefois une certaine fatigue qui l’oblige à prendre son temps ente les chansons. Son côté iconique reste bien présent, tout comme sa voix puissante servant ses compositions rock qui ne prennent presque pas une ride et enflamment le public.

La fin du festival pour moi sera marquée par le concert de Foals. Le public a commencé à déserter le lieu (c’était déjà vrai pour Patti Smith). Tant pis pour les absents, ils ont eu tort, car la prestation des Britanniques a été excellente. Leurs compositions rock bien pêchues sont entrecoupées de titres plus pop, presque ensoleillés avec une pointe de psychédélisme ; c’est très agréable tandis que la nuit tombe sur le square Bayard où se tient le festival. Idéal pour conclure ce samedi soir et se préparer à reprendre la route du travail le lendemain.

La route du travail m’empêche d’assister aux concerts du dimanche centrés sur les artistes français (Barcella, Gaëtan Roussel, Bernard Lavilliers). Néanmoins, je me rassure en me disant qu’ils repasseront prochainement dans le Nord (pour Barcella ce sera en octobre à Lesquin). L’affiche valait une nouvelle fois le déplacement. Même s’il manquait un poids lourd comme The Cure (programmé le même week-end à Rock en Seine), les concerts étaient de grande qualité. Petites mentions spéciales à Courtney Barnett comme vous l’aurez compris, dont la qualité est allée (très) au-delà de mes espérances et The Foals dont les rythmes entraînants m’accompagneront encore quelques jours en reprenant le travail. Alors ? Vivement l’an prochain que l’on recommence !

Bonus du Cabaret Vert

Le samedi sera un peu le festival de la reprise. Du Call Me de Blondie repris énergiquement par Redemption à All you need is love remixé par Fishbach : il y en a pour tous les goûts. The Dunts passent Hey Ya d’Outkast à la moulinette punk. Les reprises composent une bonne partie du set de Patti Smith, du traditionnel Gloria de Them qu’elle se réapproprie depuis longtemps, à I’m Free des Rolling Stones ou encore Are you experienced ? de Jimi Hendricks.

Quant aux mauvaises langues (j’en fais un peu partie) elles seront tentées de dire qu’Airbourne ferait mieux de reprendre à son compte des chansons d’AC/DC que de tenter de les copier avec leurs chansons originales. Mais ce n’est qu’un avis.

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