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Reportage Heartbeats Festival : supplément d’âme festivalier

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12 juin 2015 - par L'équipe

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Reportage Heartbeats Festival du vendredi 05 juin 2015 :

Nouveau venu dans le paysage des festivals de la région, le Heartbeats Festival, annoncé sur la toile depuis quelques mois intriguait par sa programmation atypique et emplacement inédit en la ville d’Halluin.

Au fil de l’eau, la ville était choisie non seulement pour son joli port de plaisance fluvial, mais aussi par stratégie transfrontalière avec Menin en Belgique. Le concept baptisé « Eurométropole festival », coorganisé en partenariat avec les salles de concerts l’Aéronef de Lille, le Grand Mix de Tourcoing et De Kreun de Courtrai, a tout pour séduire. Le Heartbeats Festival prévu sur deux jours, c’est avec la tête d’affiche du vendredi soir, Magnus, Metronomy et Caribou, sous forme de tiercé gagnant, qui aura eu raison de mes battements de cœur.

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Crédits : Josse JUILIEN

Pourtant le jour J ceux-ci ont d’abord été rythmé par la crainte de l’orage sur la route, et des perturbations qu’il pourrait engendrer dans l’organisation de la soirée. Quand je me stationne sur un des parkings prévus, il arrête de pleuvoir et le duo IBEYI, premier groupe planifié, arrête de jouer. Tout le monde semble synchronisé dans les temps à voir la file indienne à travers les champs de blé, menant jusqu’au site. À mesure que j’avance, je sens bien le festival car les odeurs mélangeant les prémices de l’été aux champêtres du terrain humide m’envoûtent d’un bon pressentiment.

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Crédits : Josse JUILIEN

Les organisateurs ont pensé à tout, le grand chapiteau (habituellement en résidence au Dour Festival et pouvant abriter de la pluie 7000 personnes) est entouré dans un décor naturel de nombreux bars et stands de nourritures raffinées, de tables et salons de jardin faits de palettes en bois. Les lettres géantes qui écrivent HEARTBEATS devant les arbres semblent vouloir dire « WELCOME ». Un deuxième chapiteau optionnel, beaucoup plus petit abrite le personnel et invitée façon cocooning. Il est 20h passé quand la nouvelle sensation commerciale d’outre manche Years And Years fait son entrée sur les cris des midinettes. Avec son introduction orientée synth-pop pas désagréable, je constate que le son est excellent mais aussi que la voix et les attitudes maniérées à la boys band du jeune chanteur, amoindrissent le potentiel. Bref, ce n’est pas pour moi et j’en profite pour faire le tour du propriétaire de la même façon que pour un gîte de vacances, avant de me restaurer bio.

Quand je me positionne au premier rang, au milieu devant la scène, des lignes de basses incroyablement stimulantes et sophistiquées viennent m’interpeller en rappel que je suis ici avant tout pour écouter du bon son. C’est YOU MAN le binôme DJ producteur Lillois issu du label ALPAGE qui débute leur set de façon endiablée. Récemment il m’avait bluffé avec leur remix de We Are Enfant Terrible, là ils me gâteront d’un plaisir instantané, revigorant et terriblement prometteur. Il n’y a qu’à écouter « Indian Summer » pour se convaincre qu’il se passe quelque chose d’excitant et de neuf dans leurs productions Électro House rétro-futuriste pêchues. Mixé sur scène, ça envoie du bois ! Le public franco-belge adhère, j’adore !

Pendant ce temps, CJ Bolland règle ses machines pour MAGNUS, le combo version électro-rock Soundsystem du leader de dEUS, Tom Barman ! C’est la première fois qu’ils se produisent ainsi en France, en même temps que leur guitariste Tim Vanhamel remonte sur la scène après une blessure faite au tibia. S’ensuivra un spectacle inclassable musicalement qui fusionne le rock, l’électro, le funk, la soul, le trip hop, la House, et j’en passe dans un bordel organisé qui médusera une grande partie du public. Tom Barman de son coté entretient une attitude de crooner nonchalante et survoltée, à la gestuelle possédée des plus grands chanteurs « barrés ». Les tubes des deux albums s’enchaînent et ne se ressemblent pas, parfois ni même aux versions originales, comme avec ce titre « French movies » flirtant avec le hip-hop, ou encore « Regulate » avec sa boucle électro old school à la Depeche Mode. Tout cela est agrémenté de guitare wawa sexy. Une petite d’heure qui s’inscrira dans le temps, pour les quelques initiés excentriques sautillants comme moi dans la foule statique.

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Crédits : Josse JUILIEN

Tout l’inverse des Metronomy qui au Zénith ont enflammé le public, essentiellement venu les voir comme s’ils étaient seuls à jouer. Avec leur décor « village dans les nuages », le chapiteau protégé de la pluie diluvienne, s’est transformé en une énorme bulle d’ondes positives où les mélodies sont reines, le rythme métronome roi et les sonorités chevaleresques. Comment ne pas succomber à une telle performance, ou chaque musicien joue parfaitement de son instrument des chansons (ou titres), moderne pop, divinement enjoués, et avec une énergie contagieuse ? Du bassiste prodige Olugbenga Adelekan, aussi chauffeur de salle, à la belle Anna Prior tout sourire à la batterie parfaitement métronomique, l’atmosphère est heureuse. Le groupe est bien sûr rôdé tournant avec le « Love letters tour » depuis près de deux ans mais aussi s’est créé un univers original qui doit autant aux Beatles qu’à New Order, à l’électro qu’à la Dance music large. Rien n’est laissé au hasard dans ce quatuor de magicien sonore qui ont plus d’un tube dans leur sac de « The Look » , « The Bay » qui résonneront comme des hymnes fédérateurs universels.

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Crédits : Josse JUILIEN

Le Canadien de Caribou pousse le voyage plus loin en nous emmenant littéralement dans le cosmos avec sa puissante scénographie que je qualifierai de Kubrickienne (quatuor vêtu de blanc encerclé autour des percussions et machines), dont le rendu instrumental sensationnel et futuriste, happe complètement l’audience. Autant en studio l’artiste peut diviser les avis, autant sur scène il hypnotise par ses lignes de basses et rythme ou sonorité électronique fusionnées sans restriction. Il n’y a pas de coïncidence, « Heartbeats » est tout simplement synonyme de sa performance. Un vague à l’âme indéfinissable m’envahira même quand je quitterai l’enceinte au karma positif.

Le Heartbeats Festival renoue avec le festival à l’ancienne, celui de l’époque non polluée par les smartphones où le public profite à temps plein de l’instant. Le Heartbeats Festival démontre en 2015 que ce n’est pas le nombre (six groupes pour ce premier jour) ou les chiffres (4000 personnes présentes) qui font la qualité d’un événement. Parce qu’il est la passerelle entre la France et La Belgique, fruit d’une synergie rêvée, le festival mérite renouvellement et évolution. Ce premier battement résonnant comme l’enfant qu’on garde au fond de soi, est d’ores et déjà inscrit dans les souvenirs cultes de mes concerts.

Josse JUILIEN

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