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Reportage Godspeed You Black Emperor + CARLA BOZULICH Aéronef de Lille
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Reportage Godspeed You Black Emperor + CARLA BOZULICH Aéronef de Lille

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27 avril 2015 - par Nicolas FOURNIER

En première partie de Godspeed You Black Emperor, l’artiste américaine Carla Bozulich accompagnée d’un complice Don the Tiger monte sur scène. S’aventurant sur les mêmes sentiers que la tête d’affiche du jour, la jeune femme pratique un post-rock sans concession, à base de longues plages musicales dépourvues de refrain. Avec un son brut particulièrement axé sur les guitares électriques, celle­-ci se distingue notamment par le fait qu’elle chante sur ses compositions, même si par moment on se rapproche plus d’une sorte de chant parlé. Son entrée et sa sortie de scène seront aussi discrètes que sa présence scénique durant sa demi­e heure de prestation, seule avec son acolyte perdu au milieu de l’impressionnant matériel mis à la disposition de Godspeed You Black Emperor. À noter que deux membres de ce groupe la rejoindront pour interpréter un titre liant ainsi leurs deux univers en lui offrant une ouverture plus expérimentale et industrielle. Tout aussi confidentiel que celui de ses mentors, Carla Bozulich propose toutefois des compositions honnêtes avec une recherche artistique évidente.

Après ce premier acte, Godspeed You Black Emperor monte sur la scène de l’Aéronef. Le groupe canadien (de Montréal pour être plus précis) est actif depuis plus de 20 ans et offre des albums difficilement accessibles et peu commerciaux (de longues plages instrumentales rarement chantées) : ce qui ne les empêche pas de jouir d’une grande réputation dans le milieu. Sur scène le dispositif est complété par de la vidéo. Placé derrière la régie son, un technicien manipule quatre rétroprojecteurs de type Super­ 8. La combinaison produite sur le grand écran situé derrière le groupe laisse la place à toute sorte d’interprétation. Des paysages défilent, des textes s’affichent sans lien apparent tandis que les images se superposent. Le télescopage entre images et sons est intrigant. On aimerait y voir des courts-métrages qui permettraient d’avoir une histoire plus linéaire à regarder en même temps qu’on les écoute jouer. On signalera juste que la diffusion simultanée des cotations boursières et de grands immeubles pourraient être une critique de la société et de sa financiarisation. Le groupe est également très engagé politiquement.

Revenons à la musique. Difficile d’accès certes, mais elle ne laisse toutefois pas indifférent le public. Le groupe prend son temps, il peut se le permettre (il jouera neuf titres seulement en près de deux heures). Tout est orienté vers les émotions, le ressenti de la performance. À l’image d’un orchestre classique, les musiciens sont assis, presque comme s’ils étaient en studio. Si on trouvait Carla Bozulich peu loquace, on peut dire qu’Efrim Menuck et ses comparses font preuve d’un mutisme total. Le groupe ne prend d’ailleurs même pas de temps de repos pour être applaudis entre les morceaux, tout s’enchaîne très vite comme une formalité. On se rapproche d’un groupe comme
Mogwai, à la différence que les écossais ont des compos beaucoup plus brèves. On admire pourtant la capacité des canadiens à relancer sans cesse les morceaux, à prendre des chemins de traverse, à entraîner le public avec eux, jusqu’à les dérouter en changeant d’ambiance, de rythme, dans une même chanson. Plus qu’un concert, une véritable expérience sonore et graphique.

Nicolas Fournier

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