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INTERVIEW En tête-à-tête avec… SaSo (09.04.2013)

2 commentaires
20 août 2013 - par L'équipe

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Nous aimons SaSo. Beaucoup. Et encore plus depuis que nous avons rencontré cette artiste attachante et très prometteuse dans l’établissement de l’Objection (Lille) au début du mois d’avril 2013, où ce jour-là, elle nous a accordé un temps précieux (bien qu’elle ait un emploi du temps chargé!), afin d’évoquer sa personnalité, son univers et ses projets… et même nous offrir une exclusivité ! Ci-dessous l’entretien avec SaSo :

Célinoue : saSo ? Qui se cache derrière ce pseudo ?

SaSo : Une fille, seule. C’est le surnom que j’utilisais quand j’étais petite pour m’appeler, car je n’arrivais pas à prononcer mon prénom. J’ai joué dans pas mal de projets collectifs et je me suis toujours dit que si je montais un truc solo, je l’appellerais bien comme ça. Je trouvais que ça avait du sens, que ça sonnait bien et que ça me correspondait. Derrière, il y a Sophie, 31 ans, qui n’est plus une enfant. C’est vraiment mon premier projet personnel où j’écris, je compose, j’interprète. C’est assez personnel dans les textes, dans les propos et aussi dans l’interprétation.

Quels sont les artistes que tu écoutais plus jeune ?

Il y avait toujours beaucoup de musique à la maison, des vinyles. Beaucoup de rock et de folk, allant de Leonard Cohen à Dick Annegarn, les Beatles, les Sparks. Une mère qui jouait tout le temps du piano, donc beaucoup de classique aussi. Et aussi des passages à vide. A un moment j’ai écouté Claude François quand j’étais petite. Sinon j’ai écouté pas mal de rock, notamment du rock progressif et la période des années 1970. Des groupes comme King Crimson, Genesis (à l ‘époque de Peter Gabriel qui chantait et Phil Collins à la batterie). Ma mère écoutait des trucs assez “barrés”, du David Bowie à fond… Plus tard j’ai écouté Queen et Pink Floyd, qui ont vraiment fait partie de mon éducation. Et puis j’ai suivi des cours de musique, assez jeune, dans des réseaux indépendants qui m’ont fait écouter autre chose. C’est lié aussi aux goûts de mon entourage familial. Mes deux premières cassettes furent un titre d’AC/DC et un autre de Queen.

Ce qui est assez original, puisqu’en général on fait écouter aux (très) jeunes de la variété mais aussi de la pop ?

Quand j’avais 13 ans, je me suis mise à la guitare pour faire du métal. J’ai vite écouté du punk. Ça m’a toujours attiré. D’un côté il y avait ma soeur qui écoutait du Céline Dion, et moi des groupes plutôt durs. J’étais assez curieuse et on avait des chaînes musicales comme MTV (qui était mieux qu’aujourd’hui!) et tout se qui était diffusé entre les années 1980 et 1990. Après il y a eu Pearl Jam, Alice in Chains, Nirvana. Tout le mouvement grunge. J’avais la biographie de Kurt Cobain, la Bible, comme énormément d’ados. J’ai toujours été naturellement amenée à du rock et du métal.

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© FatougraphY

Et par la suite ?

Avec le temps, je me suis mise à découvrir des musiques plus traditionnelles, plutôt folk. Voire même savantes, indiennes, issues du Maghreb et de l’Est, sans oublier les instruments qui vont avec. Je suis arrivée à Lille vers l’âge de 19-20 ans où je me suis retrouvée dans des “colocs” à la Woodstock. Nous n’étions que des musiciens, avec beaucoup de matos à disposition. Donc ça brasse pas mal de références ; tu touches à beaucoup de choses, tu fais des boeufs. Tout a été intuitif, sans trop réfléchir. Je suis aussi rentrée au Biplan comme bénévole, où j’ai rencontré pas mal de monde. Puis on a monté ce premier groupe de jazz manouche (je n’en avais jamais fait!) où j’étais à la guitare. On jouait des morceaux à la Django Reinhardt et des compositions. Pour moi ce furent les découvertes de l’arrangement, des compositions et de l’écriture.

Et puis un jour, j’ai découvert un accordéon sur une braderie. Il se trouve que j’étais dans une autre collocation de musiciens, plutôt cuivre, où l’on a créé une fanfare, Kouchtar OrcheStar, qui existe depuis six ans environ. Il y en a eu une autre aussi où j’étais à la caisse claire. J’aime apprendre, surtout quand les projets “ont la pêche” et qu’humainement c’est “chouette”. Il y a toujours eu des occasions d’ouvrir un peu plus les genres musicaux, les expériences. Du coup, je suis une autodidacte. Par contre il y a des registres vers lesquels je vais moins, comme le rap. Ce n’est pas que je n’aime pas, ça me touche moins. Je ne suis pas hyper électro non plus. J’adore aussi les musiciennes guitaristes torturées comme PJ Harvey.

Ton premier EP Wolf and Birds est sorti fin février. Comment s’est déroulé l’enregistrement ?

Je travaille avec Robin qui fait mon son et qui me suit en résidence. Il est très présent dans le projet même si je suis seule sur scène. Et donc on est partis faire deux sessions d’enregistrement dans des maisons isolées prêtées, dont une, en Bretagne. J’avais juste la base des morceaux, instrument-voix. Ayant déjà fait du studio, je n’avais pas envie de ça, mais plutôt de faire ça entre potes, dans une bonne ambiance. Ainsi, j’ai pu me lâcher sur les instruments que l’on avait à portée de main. Je devais faire les prises témoins des premiers instruments. Et ça a été conçu très vite. On a réalisé six titres en dix jours. On a enregistré des bruits de plage, de tempêtes, ce qui rend vivant et organique l’EP, ne voulant pas d’un truc trop froid. Par la suite, on a fait une semaine de mixage à Lille et ce fut remastérisé par Delbi. Sur cet album, il y a eu Delbi à la batterie et Anne, venue de Picardie, pour jouer du violoncelle également. À l’origine, beaucoup de morceaux ont été improvisés.

[quote_left] C’est un disque de six morceaux : écoutez-le du début à la fin, en buvant un bon verre de vin. [/quote_left]

L’EP sonne assez “indie” 1. Le penses-tu accessible ?

C’est la grande question du moment. D’autant plus que je m’occupe de ma promotion et de celles des autres artistes. Radio France m’a demandée. Pour l’instant, il est chroniqué, diffusé. Oui ce n’est pas du tout “mainstream2, ce n’est pas non plus de la musique intellectuelle. C’est plutôt très intimiste. Les retours que je reçois, live comme disque, parlent d’un univers, un univers assez particulier.

Est-ce que l’EP connote des références artistiques, influences évoquées par les journalistes qui te chroniquent ?

On me parle de PJ Harvey, de Leonard Cohen voire de Tom Waits. Ce que j’apprécie c’est lorsque l’on dit que c’est honnête et sans concession. La prochaine étape sera de travailler ma voix, la langue.

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© FatougraphY

C’est un audiogramme solo résolument indé, avec seulement un titre en français. Aurais-tu d’autres morceaux dans notre langue en réserve ?

L’anglais permet une certaine distance avec le propos, même si, pour le coup il s’agit d’émotions servant à écrire mes chansons. Beaucoup de références anglo-saxonnes, c’est vrai. Par contre, ce que j’aime comme artistes francophones ce sont Dominique A, Bertrand Belin, Mathieu Boogaerts, Françoiz Breut, JP Nataf, Les Têtes Raides. Pour l’écriture de mes textes en français, ça vient selon l’inspiration et je vais avoir tendance à poser les mots sur la musique ; tandis qu’en anglais je vais envoyer des variations, il y a des automatismes pour chanter dans la langue. Pour moi, l’anglais sublime. Enfin, je n’aime pas trop les chanteurs maniérés, ça parasite les propos.

Et si on parlait des clips ?

Il y a un clip qui existe déjà, celui de Sur la Route. C’est un clip très artisanal. Pour les clips, j’ai pas mal d’idées, de scénarios, mais ça prend du temps, que je n’ai pas, et ça mobilise des personnes. L’idéal serait qu’un ou une vidéaste apprécie l’un des morceaux pour mettre en images sa propre vision de la chanson.

Enfin, aurais-tu un petit mot pour tes fans du Nord et de la Belgique ?

Cela voudrait dire que j’ai des fans ? Oui, merci mes 286 fans ! Merci, merci. Et si vous aimez, partagez !

En exclusivité : l’inédit de SaSo pour nos lecteurs et fans

Pour rejoindre SaSo sur le web :

♦ Bandcamp: sasomusic.bandcamp.com
♦ Facebook: SaSo/153111064751030

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Notes :

1 : anglicisme pour “indé” (hors circuits commerciaux des majors et labels habituels).

2 : qui reste conforme aux standards, à la mode.

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