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Interview FAUVE

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26 août 2015 - par L'équipe

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En marge du festival du Chien à plumes, notre reporter Nicolas Fournier a pu rencontrer le groupe Fauve !

J’ai toujours eu l’impression que le collectif Fauve état particulièrement en retrait médiatiquement ? C’est pourquoi je suis ravi qu’ils aient accepté cet entretien. Rendez-vous donc juste avant leur concert, avec deux membres du groupe… et trois bières fraîches

J’ai l’impression que vous vous relâchez un petit peu vis-à-vis des médias. De même, vous apparaissez plus dans la lumière (il y en avait peu aux Nuits Secrètes 2014 et beaucoup plus en 2015 au Zénith de Lille) ?

Pour être tout a fait honnête on est encore plus chiant avec l’anonymat. Pour la dernière tournée de Fauve, c’est surtout une question pratique car on était dans de grandes salles et il fallait plus de lumière. Mais ce n’est pas spécialement une volonté, on n’avait pas trop le choix pour que les gens puissent voir. Avec les médias on est toujours aussi chiant et on le sera toujours. Il n’y a pas d’évolution là-dessus. La différence maintenant c’est qu’avec les professionnels il y en a plus qui jouent le jeu ce qui fait qu’on accrédite peut-être plus. D’ailleurs, ça passe toujours par nous la relation média.

Outre l’aspect médiatique on a aussi l’impression d’une évolution depuis le premier EP avec notamment des thèmes moins personnels abordés, plus abstraits…

Oui, c’est vrai, ça n’a pas été conscient parce qu’on ne se force pas à faire les choses. On est sincère, on voulait être moins nombriliste, peut-être être plus ouvert aux choses. On cherchait des choses plus jolies, toujours avec les mots justes, mais on le fait avec des choses plus imagées peut-être.

Il y a aussi une évolution musicale les textes sont plus chantés que parlés désormais.

Oui, là c’est plus conscient, c’est une volonté, on fonctionne à l’envi. Comme il n’y a aucune contrainte (on n’arrive d’ailleurs pas à définir notre style) autant ne pas se limiter. Si on veut avoir des chansons plus chantées, ou plus parlées mais toujours avec du rythme. Ça nous intéressait aussi en matière de rythmique avec des intentions rap ou musique du monde. Tant qu’on n’est pas cadré par une maison de disques, on se demande ce qu’on veut faire et on fait selon nos envies pour ne pas s’ennuyer.

D’un point de vue contractuel justement où en êtes-vous au juste ?

On a un distributeur et on est autoproduit. En fait, il y a trois types de contrats : Artistes (tout est pris en charge, mais tu touches moins), la licence (tu fais la production et tu licencies les bandes masters à un label qui fait la promotion, les clips…) et le distributeur (on paie tout). En fait, on est comme une major

On est aussi coproducteur de la tournée, c’est une liberté totale. Mais on aime être conseillé aussi, notre ancien coéditeur nous aide. Ils ont compris qu’on était impossibles à cadrer, mais les rapports sont sains. On garde le dernier mot. Mais ça aurait pu être aussi avec une maison de disques, ça se serait bien passé aussi je pense.

Votre style inimitable, ça vous vient d’où, de la composition même ?

Majoritairement ça vient des textes, puis on fait une instrumentale ensemble qui colle à l’ambiance. Quand la grille harmonique avec le tempo est créée, on récite le texte avec la musique. Ensuite on ajuste en écartant ou rajoutant du texte et on construit les refrains, on structure. C’est un mouvement pendulaire qui part du texte toujours. On ne fait pas de poésie ni d’instrumentaux pour l’instant, mais on a une culture qui vient de la pop malgré tout. Ensuite ça s’est transformé en culture du hip-hop, du rap beaucoup et on mélange ces deux choses-là dans la manière de travailler.

Cela se remarque plus sur Vieux Frères volume 2 d’ailleurs…

C’est un disque plus contrasté. Il y a des beats hip-hop, des samples de musiques du monde et à côté des choses plus pop dans les mélodies (comme dans Tallulah). Pour nous ce fut été le disque presque le plus facile à faire. Pour le chant c’était plus dur. Tout a été fluide (l’écriture, la compo, les arrangements) ç’a été hyper rapide, on se sentait bien, comme si on avait acquis une certaine expérience une maîtrise de nos outils respectifs.

L’album Vieux frères qui sort en 2 parties comment c’est venu ? Aviez-vous cette idée au départ ?

On voulait faire un seul album, mais on avait beaucoup de chansons et on ne voulait pas en jeter. Une de mes tantes nous a dit de faire un album en deux parties, pas un double ou un disque indigeste de 18 titres (surtout que l’on n’avait repris aucun titre du premier EP, donc on n’avait pas de tête de gondole) cela aurait été risqué. Mais là elle a proposé de faire deux disques à quelques mois d’intervalle, en deux épisodes, donc on n’avait plus de place et comme on été dans une phase créative on voulait écrire d’autres trucs.

On a sorti le premier disque de FAUVE en février 2014 et on est reparti en avril 2014 en studio après une tournée. On a réécrit beaucoup de choses, on a même jeté des titres pour la première fois. Ç’a été une belle période, l’écriture de cet album. On est retourné en studio en septembre après une tournée de festivals pour le finaliser.

Vous enchaînez vite les choses (albums, tournées), c’est voulu ?

Oui c’est un besoin, on a besoin d’être en mouvement, actif sinon on s’emmerde. On savait que tout aller aller très vite, que tout aller s’enchaîner. On ne voulait pas perdre le contrôle, mais ça nous excitait, on se disait : ça va exploser sur trois ans et peut-être que ça redescendra après. Ça va être intense, on va enchaîner les tournées, on avait des choses en stock et ça nous convenait. On voulait le faire à fond en ensuite voir ce qui arrive,

On avait envie de créer, de sortir de nos vies, d’aller sur la route, de rencontrer les gens, de faire des vidéos pour développer le projet. Ça nous correspondait bien ce rythme, on commence juste à fatiguer, mais il y aura une pause. On était encore à fond jusqu’à l’enregistrement. On commence seulement à réaliser la fatigue (physique, psychologique). Il faut lever le pied, vivre à 100% tous les jours, c’est usant. Tu refais la même chose tous les soirs. Un ami disait qu’il sortait un album tous les quatre ans : j’ai besoin d’un an pour vivre, 1 an pour écrire, un an pour enregistrer, un an pour tourner. Tu as besoin de ce temps.

Vous êtes également pas mal présents dans les festivals estivaux, vous appréciez ?

Oui, c’est génial, on est dans des endroits différents, on traverse la France au soleil Tu arrives dans de superbes cadres, ce sont trois mois géniaux. On a fait une tournée de petits clubs, mais ensuite on a aussi joué dans des Zéniths. On alterne l’énorme et le club. C’est pareil dans les festivals, c’est un équilibre qui nous fait plaisir, c’est varié, on s’adapte au public (selon qu’il y a 1000 ou 20000 personnes).

Ce sont aussi des configurations différentes des régions différentes. Chaque festival a une histoire, une ambiance, des bénévoles, un cadre. On a croisé Snoop Doog par exemple, mais aussi des copains : Salut c’est cool, Soprano, Lily Wood and The Prick, Superpoze, Les Wamaps, Zebda. C’est marrant.

Pour les Nuits Fauves : comment l’idée d’une grande kermesse est arrivée et quel bilan en tirez-vous ?

Positif, les gens ont pris du plaisir avec cette ambiance-là. C’était un vrai défi, on en a parlé avec le tourneur un an avant. Il voulait savoir si on souhaitait tourner et comme on voulait faire quelque chose qui change de la première tournée. Enchaîner les grandes salles comme les Zéniths ça nous faisait chier. Alors, notre guitariste nous a suggéré de refaire les Nuits Fauves (c’est une tournée spécifique que l’on avait fait à Paris et à Nîmes l’an passé) dans de grandes salles.

On allait être confrontés à la question du remplissage pour la première fois. On a pris un risque financièrement, mais on a foncé. On a dû créer la décoration, tout prévoir, tout mettre en place, tout transporter (ça représente quatre semi-remorques et deux tours bus). C’était le cirque Pinder. Les gens ont adhéré, on a rencontré des gens. On a fait tourner des amis (Salut c’est Cool, Gordon, Grand Blanc…). On voulait faire un truc différent, mais la seule option c’était de faire de grandes salles et ce fut un gros chantier.

Comment avez-vous choisi les animations ?

On a pris les trucs les plus débiles qu’on trouvait : photomaton, baby-foot, punching-ball, fresque. On est content on a l’impression d’avoir fait quelque chose de consistant. Ça donnait l’impression d’être un mini festival et ça finissait en teuf dans le « village » avec un DJ-set pendant encore 1h30 après. Tout le monde se retrouvait et participait (la fresque, des mots dans l’arbre…) C’était très bien.

Existe-t-il d’autres concepts que vous voudriez mettre en place ?

Non, car on va faire une pause. On a besoin de prendre du recul avec Fauve. On a besoin de prendre du recul, de se reposer, de reconnecter avec le réel. On a envie de faire plein de choses, on s’entend bien, c’est très fluide entre nous. Devant quelque chose d’aussi stressant, soit tu imploses, soit ça te soudes à fond et notre chance c’est que pour nous ça a consolidé le projet.

On imagine que FAUVE c’est le genre de groupe où il doit y avoir des projets solos à côté. Avez-vous des choses en cours ?

Oui, certains en ont (y compris hors de la musique). Je pense que Fauve va dormir pendant quelque temps. On a tous plein d’envie, on ne sait pas quelle forme ça va prendre. Mais on ne retournera pas dans des bureaux tout de suite. Une telle ouverture, tant de liberté à ce point ça fait même peur.

Vous voyez-vous arrêter quand ?

Après les festivals.

Quand je vous vois FAUVE, je pense aussi à Frànçois and the Atlas Mountain et à son EP avec des artistes africains (L’homme tranquille). Est-ce une démarche qui peut vous intéresser ?

Oui, pourquoi pas c’est le genre de chose qui nous tente. Ne pas produire car on n’a pas l’expérience, mais filer des coups de main, mais sur le mode Damon Albarn. Il sait tout faire, il va chercher des gens (Amadou et Mariam, Tony Allen…), revient, fait un album solo, fait du Gorillaz, du Blur. Ce côté touche à tout, c’est une référence en termes de mode de travail. Fauve nous a tellement occupés, on est habitué à avoir plusieurs choses en même temps. Quand je suis en vacances maintenant, j’ai du mal à me reposer. Tout ce qu’on sait c’est que Fauve va être en pause.

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