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TOOTS Jazz Festival 2018 : une nouvelle excellente édition

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19 septembre 2018 - par Sébastien CIRON

Ces 7, 8 et 9 septembre se déroulait la troisième excellente édition du Toots Jazz Festival 2018 à La Hulpe.

Celle-ci présentait un nouveau concept puisqu’en plus du chapiteau qui abritait la scène principale, Toots Thielemans s’ajoutait pour la première fois le Magic Mirrors (kiosque couvert) qui, lui, accueillait des concerts plus intimistes et une troisième petite scène présentait de jeunes talents.

La soirée du vendredi au Toots Jazz Festival annonçait deux concerts principaux. Le premier fut celui de la jeune chanteuse française Kimberose.

Auteure-compositrice, elle interpréta, avec sa magnifique voix naturellement “Black“, son répertoire soul, agrémenté d’une touche de pop. Très belle découverte.

Le second était celui du souriant et sympathique Manu Dibango, une des figures prestigieuses du jazz et du continent africain. Le saxophoniste ténor camerounais de 84 ans offrit un véritable safari musical avec sa musique ensoleillée et colorée allant des Antilles jusqu’en Afrique en passant même par l’Argentine.

Accompagné de quatre musiciens et de deux choristes percussionnistes aux chorégraphies adaptées à chaque morceau, il proposa donc constamment des rythmes entraînants et invita les gens à danser sur son tube “Soul Makossa“.
Le samedi 8, dès 14h00, débutait une série de concerts dont celui d’ “Igor Gehenot Organ Trio” dans lequel, vous l’aurez compris, le pianiste se mua en organiste Hammond. Expérience convaincante.

Côté scène principale, José Van Dam, le contrebassiste Jean-Louis Rassinfosse et le pianiste Jean-Philippe Collard-Neven entamaient la soirée en reprenant de grands classiques de la chanson française.

Du haut de son tabouret, le baryton nous fit revivre notamment des titres de Brassens, Bécaud, Ferrat, Nougaro, Gainsbourg grâce à de nouveaux et subtils arrangements souvent jazzants, mais aussi lyriques. Le chanteur laissa beaucoup d’espace à ses musiciens en totale symbiose et jouant également certaines chansons en instrumental. Ce projet, qui aurait pu paraître improbable au départ, fut une belle réussite.

Ensuite, arriva le très attendu et grand moment de la soirée voire du festival : la rencontre entre le pianiste Kenny Werner et l’harmoniciste Grégoire Maret pour un véritable hommage à leur ami TOOTS intitulé “Entre un sourire et une larme” (une des expressions favorites de Toots). Disons-le d’emblée, cette rencontre fut magistrale.

Kenny Werner, raconteur de belles anecdotes en anglais, qui joua à maintes reprises avec Toots et Grégoire Maret, considéré par Toots lui-même comme son digne héritier, affichèrent une merveilleuse complicité où les improvisations furent somptueuses.

Les deux musiciens revisitèrent donc le répertoire du “maître” avec de nouvelles harmonies devant un public émerveillé par leur générosité musicale.

Et au pianiste de dire : “Si Toots revenait sur terre, ce serait… A Wonderful World”, thème qui clôturera leur époustouflante performance.

Le troisième concert sur cette même scène fut celui du Brussels Jazz Orchestra et de David Linx qui présentaient le projet “Brel”. Le chanteur a donc interprété avec brio l’intégralité de leur CD reprenant les grands succès du grand Jacques.

Ces titres, magnifiquement réarrangés par plusieurs membres du BJO, donneront l’occasion de nombreuses fois de voir des musiciens de la section cuivres intervenir pour de savoureux solos. Le big band et le chanteur en profiteront aussi pour faire un clin d’œil à Toots en terminant leur très agréable concert par le thème “Ne me quitte pas“.

Pour terminer en beauté cette seconde soirée, un bal swing se déroula dans le Magic Mirrors, animé par l’excellente formation “God Save The Swing“, pour le plus grand plaisir des danseurs du genre et des amoureux du jazz des années 1940-1950.

La journée du dimanche fut aussi riche en émotions.

Greg Houben présenta son nouveau très bon album chanté aux couleurs brésiliennes “Un Belge à Rio”.
Lui succéda la talentueuse et jolie chanteuse Typh Barrow qui fit un carton avec sa musique pop teintée de soul, de rock et de jazz. Alternant le piano et le synthétiseur, elle ne manqua pas de se rappeler à notre bon souvenir avec “The Whispers ” avant d’interpréter de nombreux titres de son excellent premier album “Raw”, entourée de ses trois supers musiciens.

La chanteuse Typh Barrow avait déjà été très favorablement remarquée pour sa voix unique et sa sympathie en 2016, mais indépendamment de celles-ci, cette année, elle aura vraiment marqué les esprits par sa prestance, sa gestuelle (et son art de danser), son contact avec le public, mais aussi par ses compositions personnelles. Elle a démontré qu’elle avait bel et bien sa propre identité et fut logiquement acclamée.

Suivit un autre tout grand moment du festival avec le concert du “Lady Quartet” de la plus grande dame au monde à l’orgue Hammond, Madame Rhoda Scott.

Accompagnée par Julie Saury à la batterie, des saxophonistes Sophie Alour (au ténor) et Lisa Cat-Berro (à l’alto), Rhoda Scott offrira une musique swinguante et groovante du début à la fin. À 80 ans, son humour, sa musicalité et son énergie n’ont pas pris une ride.

Le groupe joua des morceaux de leur CD ” We Free Queens” mais aussi des reprises ou des standards. À la fin de leur brillante prestation, Rhoda Scott et ses partenaires seront particulièrement ovationnées.

Pour clôturer ce très beau festival, une nouvelle surprise de taille apparaissait en la présence du Cesária Évora Ochestra composé de huit musiciens, quatre chanteuses et un chanteur guitariste.

Les interprètes ont chanté à tour de rôle avant de se retrouver réunis pour le final du spectacle. Ceux-ci et les musiciens nous firent (re)découvrir une musique créole dont les genres sont la “morna” et la “caladera”. Cette musique métissée rythmée incite à danser ; ce que le public apprécia et ne put s’empêcher de faire !

Cette troisième édition du TOOTS Jazz Festival a, à nouveau, proposé une programmation de grande qualité. Un des atouts fut certainement sa diversité musicale et il faut aussi retenir le souci de mêler des artistes internationaux et des musiciens belges. Par ailleurs, cet événement incontournable et convivial aurait mérité plus d’assistance vu la très belle affiche proposée.
Enfin, il faut mentionner le professionnalisme des techniciens, le chaleureux accueil de l’organisation et le travail des bénévoles. Le rendez-vous est pris pour 2020 !

Pierre Gerard

Photos de Bernard Rie

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