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Reportage A Place To Bury Strangers à La Péniche de Lille

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24 avril 2015 - par Nicolas FOURNIER

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Avant l’entrée en scène du groupe A Place To Bury Strangers (APTBS pour les intimes), c’est un duo batterie­-clavier originaire des Pays­-Bas au nom imprononçable de zZz qui assure la première partie.

Si au début on reste circonspect sur la musique produite par le combo, on finit tout de même par se prendre au jeu d’une musique alliant la tension et un côté atmosphérique. Certes l’ensemble est tellement étonnant qu’il est nécessaire d’être amateur du genre pour apprécier. Difficile dans ces conditions de décrire les compositions qu’on serait par moments tenter de qualifier de disco-punk tellement le mélange entre les breaks de batterie et l’apport de sonorités rétro d’un vieux clavier (avec même des touches cassées!) ne rappelle rien de connu. Un titre comme When I come home est toutefois redoutable et la seconde partie du set permet de faire un rapprochement avec la tête d’affiche du soir, notamment dans l’agressivité de l’approche. D’ailleurs les membres d’APTBS sont dans la salle, et à l’image des premiers rangs, semblent s’intéresser à ce concert. Le set des deux néerlandais se termine dans un déluge sonore. On n’écouterait pas ça tous les jours mais c’était finalement tout à fait approprié avant le concert de ce soir.

Il est temps désormais à A Place To Bury Strangers d’entrer sur la petite scène de la Péniche. Ce trio surnommé The loudest band from NYC (le groupe le plus bruyant de New ­York) je le connais bien, c’est la troisième fois que je les vois (toujours à la Péniche), je sais à quoi m’attendre. Une avalanche sonore attend le public, qui s’il est resté en retrait lors de la première partie se colle désormais vers l’avant, au plus près des amplis qui cracheront le son sursaturé des new­-yorkais. Le spectacle sera court, les paroles inaudibles, le son devra être considéré comme un bloc sans nuances. On plaint d’ailleurs les téméraires qui se sont aventurés ici sans prendre de protections auditives. Même si à force d’écouter leur musique je parviens quand même à distinguer quelques titres, le chaos ainsi créé, gomme la plupart des mélodies et changements de rythmes produits sur les albums.

On se surprend tout de même à découvrir une mélodie pointer son nez sous une couche de bruit. L’expérience devient physique, les musiciens déploient toute leur énergie, surtout le bassiste. Ils maltraitent leurs instruments comme le montre d’ailleurs la guitare du chanteur, cassée en plusieurs endroits. Arrive maintenant le clou du spectacle. Durant le titre I lived my live to stand in the shadow of your heart, la lumière se coupe, le chanteur Oliver Ackerman allume des néons, tandis que la chanson s’étend sur près de quinze minutes. Mais cette année il y a du nouveau, les musiciens déplacent tout simplement leurs amplis au milieu du public… et d’y interpréter deux autres chansons.

Difficile de décrire A Place To Bury Strangers, groupe inclassable tout en fureur et c’est une tache tout aussi délicate de retranscrire le déroulé d’un de leurs concerts. Comme la plupart des groupes de ce genre, c’est à un noyau d’amateurs que s’adressent les New­yorkais. Sur le parking en face de la Péniche on constate d’ailleurs aux plaques que beaucoup ont fait du chemin pour les applaudir. Des fans peu expansifs, on est plus dans une écoute concentrée que dans le pogo rageur. Dans ces conditions, il est délicat de conseiller ce groupe qui requiert de nombreuses écoutes attentives et le besoin quasi-physique de se confronter au bruit comme expression musicale pour pleinement l’apprécier.

Nicolas Fournier

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