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Actualité culturelle en Hauts-de-France et Belgique
Grand Corps Malade au Théâtre de Béthune © Ludovic Mannechez
Chronique

Grand Corps Malade au Zénith de Lille3 min. de lecture

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18 février 2024 - par Marieh Bellynck

Ce sont 6500 personnes qui étaient réunies hier soir au Zénith de Lille pour le concert de Grand Corps Malade venu présenter son huitième et dernier opus intitulé « Reflets » sorti en octobre 2023. Seulement quelques mois après la fin de la dernière tournée qui mettait à l’honneur les femmes, des comparaisons s’imposent. Les textes de l’album et les chansons choisies pour les concerts de cette nouvelle tournée sont sans nul doute plus intimiste que précédemment, elles abordent parfois avec humour, toujours avec subtilité et émotion, le parcours d’une vie qui se veut à la fois unique et universelle. Les deux chansons phares qui illustrent le mieux cette dualité sont Reflets et Autoreflet. La première, titre éponyme de l’album, exprime le rapport particulier qu’entretient le chanteur avec son public, matière vivante et inspirante dans lequel il puise le sujet de ses textes et avec lequel il se plaît à interagir durant tout son spectacle. On a pu l’entendre hier, comme clôture du concert avant les rappels, sorte d’hommage donc à un public pour lui aussi nécessaire qu’un stylo dans la main de l’écrivain. La deuxième, Autoreflet, retrace la destinée plus personnelle de Grand Corps Malade qui évoque sans détours et avec nostalgie ses débuts dans les quartiers populaires, ses amitiés mais aussi la maturité qu’il nomme adroitement et avec humour « sagesse » dans un autre titre du même nom. Ses débuts, Grand corps Malade, aime à les rappeler en interprétant des titres de cette époque, « Saint-Denis » hier n’était pas absente de la set list tout comme la référence au slam. C’est d’ailleurs « J’ai vu de la lumière » un texte qui relate sa rencontre avec le slam qui ouvrait le concert, comme pour affirmer d’où il vient, le rappeler, ne pas l’oublier. Mais comment le pourrait-on, en l’entendant a capella, avec ce timbre de voix si puissant ? Ou encore en se laissant si facilement embarquer dans sa désormais célèbre verve d’ « En vers et contre tout » ? D’où il vient c’est donc le slam, ce qui l’anime c’est donc les autres. Il y aussi la thématique de l’amour, sujet récurrent, pour celle qui partage ses jours, et ses enfants (pour lesquels il a écrit « Retiens les rêves »), une boussole dans la vie de l’artiste, un appui aussi peut-être pour affronter et aborder des sujets de société sérieux, comme dans « C’est aujourd’hui que ça se passe » ou « 2083 ».
Ce que l’on retiendra aussi, c’est l’accompagnement vidéo et l’éclairage magnifiquement mis au service des textes. Le décor en gouttes de pluie sur la chanson «Rue Lafayette » qui raconte l’histoire d’un couple qui se sépare, vu à travers les yeux ( et l’imagination) du poète observateur du monde. On retiendra l’impression de vitesse et de mouvement dans la vidéo qui accompagne la chanson « Saint Denis » comme pour mimer la fulgurance du souvenir ou le foisonnement d’un quartier. On retiendra la galerie des regards illustrant la chanson «Le jour d’après » et surtout le décor en fond qui se baisse comme le regard de ceux qui ignorent les laissés pour compte dont parle Grand corps Malade.

C’est sur un spectacle complet que se sont donc quittés des spectateurs ravis, un spectacle complet, comme le veut celui où les mots sont si importants, empli d’images, de partage et d’émotions.

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