Florent Marchet à Boulogne-sur-Mer : Mobil Home sur la scène de L'Embarcadère (2026)

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Florent Marchet à Boulogne-sur-Mer : Mobil Home sur la scène de L'Embarcadère (2026). Florent Marchet © Bachir Tayachi

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27 octobre 2026 - par L'équipe

Florent Marchet à Boulogne-sur-Mer : Mobil Home sur la scène de L’Embarcadère (2026)5 min. de lecture

Florent Marchet en concert à L’Embarcadère : « Mobil Home », la scène et le public.

Il y a des artistes dont la discographie forme une cartographie intime de notre époque. Auteur, compositeur, interprète mais aussi romancier, Florent Marchet n’a cessé d’affiner un regard à la fois aiguisé et profondément humain sur notre société.

Avec son nouvel album Mobil Home, Florent Marchet nous invite à un voyage immobile et mouvant, oscillant entre les grands espaces et le repli intime, porté par des arrangements toujours aussi soignés.

Alors qu’il s’apprête à poser ses valises et ses mélodies sur la scène de L’Embarcadère à Boulogne-sur-Mer ce 14 novembre 2026, nous avons voulu en savoir plus sur son processus de création et son rapport à la scène. Rencontre avec un orfèvre de la chanson française.

Propos recueillis par Céline Galant. Photo : © Bachir Tayachi.

Votre nouvel album, Mobil Home, a été écrit entre la France et la Méditerranée. Comment ce double décor et ces déplacements ont-ils nourri l’écriture et les sonorités organiques de ce disque ?

Bien sûr, la lumière et ce bleu ont infusé pendant l’écriture. Ça peut paraître cliché, une image d’Épinal, dit comme ça. Mais quand on le vit, vraiment, au quotidien, on comprend vite que le cliché rejoint la réalité. Il y a aussi les rencontres, un peu partout dans le pays. Être confronté à une pensée différente, éloignée de la vision occidentale plus autocentrée. Cela m’a permis de porter un regard un peu différent sur le monde et sur ma façon de regarder l’autre.

Quant aux sonorités, c’est autre chose. La création, en musique, plus qu’en écriture, est davantage une histoire de rencontres que de lieux. Cela étant dit, le désir de s’éloigner des sons naturalistes sur cet album vient peut-être du fait que j’étais sans cesse entre deux réalités, deux continents, deux visions.

À l’heure des uniformisations et d’une forte polarisation, s’affranchir d’une même culture, d’un milieu social et d’une géographie matricielle m’a fait beaucoup de bien. J’ai pas mal bougé en Tunisie, rencontré des gens très différents. J’ai vécu autrement, avec une nouvelle notion du temps, tout en consommant moins aussi. Même si cela n’a jamais vraiment été le cas, cette expérience m’a encore davantage éloigné de toute forme de fierté régionaliste.

Mais au-delà de ça, ce qu’il y a de tunisien également, c’est la pochette de l’album et le clip Tant que tu respires. J’ai rencontré Bachir Tayachi, un jeune artiste très créatif qui s’est occupé de mettre en images Mobil Home.

Mais il faut du temps pour infuser des influences, des lieux, un pays, des rencontres… Mon expérience tunisienne se retrouvera probablement de façon plus frappante dans mes chansons ou romans à venir. Le temps nous le dira.

On retrouve dans vos chansons une attention très fine portée aux trajectoires humaines et aux contrastes entre fragilités et élans. Est-ce une manière de sonder les tensions de notre époque tout en y glissant de la lumière ?

J’ai toujours considéré que la lecture, le cinéma, la musique et l’art en général étaient de formidables opportunités de muscler son empathie. Que nous soyons du côté du spectateur ou du créateur, la démarche reste la même. Après, lorsque j’écris, c’est avant tout ma façon de rendre compte du réel, d’apporter une pierre modeste aux nombreux témoignages d’une époque. Quant à la lumière, elle s’invite plus ou moins en fonction du moral de l’instant.

Que représente pour vous l’ensemble de cet album ?

Un album représente une photographie d’un moment de ma vie. Ici, le passage à la cinquantaine, les enfants qui deviennent presque adultes, des proches qui s’évaporent, l’amour qu’on voudrait garder pour toujours près de soi, même si c’est illusoire. La paix, qui est sans aucun doute une idée fragile et périssable.

Vous vous apprêtez à monter sur la scène de L’Embarcadère à Boulogne-sur-Mer le 14 novembre. Comment abordez-vous la transposition de ces nouveaux morceaux sur scène avant d’entrer en résidence/tournée ?

Ne pas chercher à tout prix à reproduire les arrangements de l’album. La couleur, son esthétique, oui. Mais il faut parfois accepter de s’éloigner du disque. J’ai souvent cette phrase en tête : sur scène, la musique est souvent plus visuelle qu’auditive. J’ai hâte de faire vivre les nouvelles chansons, d’en devenir une sorte d’ambassadeur…

Qu’aimeriez-vous que le public de Boulogne-sur-Mer emporte avec lui en sortant de votre concert ?

L’idée que les histoires des autres, aussi différentes soient-elles, racontent nos vies intimes, nous réchauffent et nous rassemblent. Que la chanson n’est pas seulement un divertissement, un bon moment à passer permettant d’oublier le chaos du monde.

Enfin, un mot pour les lecteurs de Ça C’est Culte ?

Tenons-nous chaud, la colère ne doit jamais se transformer en haine. Aussi, cette phrase de René Char : « L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant. »

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