Trois concerts pour un programme éclatant à la flûte et à la harpe avant le Lille Piano Festival 2025.
Avant de retrouver la scène du Lille Piano Festival, l’Orchestre national de Lille investit le Théâtre Sébastopol et l’Embarcadère de Boulogne-sur-Mer pour trois soirées musicales hautes en couleur. Strauss, Mozart et Moussorgski sont au programme d’un voyage sonore entre romantisme, légèreté printanière et puissance orchestrale.
Pour trois soirs consécutifs, l’Orchestre national de Lille quitte le Nouveau Siècle pour prendre ses repères, d’abord au Théâtre Sébastopol de Lille, puis à l’Embarcadère de Boulogne-sur-Mer. Les musiciens y interpréteront trois œuvres entraînantes avec un accent mis sur la flûte et la harpe.
La soirée commence avec l’interprétation du Cavalier à la Rose de Richard Strauss.

L’opéra n’est pas interprété en totalité : il s’agit uniquement d’une suite de valse qui donne une touche très romantique (et rappelle aussi l’œuvre de son quasi homonyme : Johann Strauss). C’est aussi l’occasion pour les spectateurs d’admirer la direction très dynamique du chef belge David Reiland, à la baguette ce soir. Cette œuvre plutôt courte (une dizaine de minutes) lance très bien la soirée.
Place ensuite à Mozart, pour un Concerto pour flûte et harpe qui met en valeur deux musiciens de l’orchestre en qualité de solistes : Clément Dufour à la flûte et Anne Le Roy Petit à la harpe.
Bien que le compositeur autrichien n’appréciait pas la flûte, selon ses mémoires, la petite touche aérienne que donne cet instrument confère à l’ensemble une douceur printanière. Le temps de trois mouvements s’installe un sentiment de quiétude et de tendresse dans les deux premiers, avant de plonger dans une ambiance plus nocturne pour le dernier.
Cette composition avait été commanditée par le duc de Guînes, désireux de pouvoir la jouer en duo avec sa fille harpiste. Mozart lui-même aurait été ravi par la complicité du duo flûte/harpe, qui ce soir s’offrira même un rappel en interprétant l’Entr’acte de Jacques Ibert.
Après une coupure, l’Orchestre revient avec les Tableaux d’une exposition de Moussorgski.
J’avais déjà pu entendre une version jouée au piano il y a quelques années par Mikhail Rudy dans le cadre du Lille Piano Festival. Ici, c’est tout l’orchestre qui est mobilisé, sous la direction d’un chef qui s’agite à nouveau avec de grands gestes pour offrir un véritable spectacle. Dans cette œuvre, une ritournelle revient à plusieurs reprises, mais toujours métamorphosée : les changements de rythme et les motifs récurrents captent l’attention du public. On passe ainsi d’un mouvement crépusculaire (Il vecchio Castello) à un autre plus lumineux, ou encore à des charges martiales très rapides, avant de conclure sur un final grandiose.
Les spectateurs ont semblé ravis, à en juger par l’ovation qui a résonné dans le théâtre lillois à l’issue du concert.
Photo bannière : Orchestre National de Lille.