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Giédré Le Grand Mix Tourcoing
Reportages

Giédré au Grand Mix (Tourcoing, le 03 mars 2016)

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9 mars 2016 - par Nicolas FOURNIER

Giédré est de retour au Grand Mix ! Trois ans après son dernier passage dans cette même salle (c’étaient quelques mois avant un soudain engouement médiatique autour d’elle). Mais avant de pouvoir l’entendre présenter son nouvel album (baptisé « La la, la », … hum…, sans commentaire) il faut patienter dans la longue queue (oups, pas fait exprès) qui remonte le long de la rue avant de pouvoir pénétrer (promis maintenant j’arrête) dans la salle tourquenoise.

Auparavant c’est le régional de l’étape Tony Melvil qui a la charge d’ouvrir le bal. Un choix plutôt surprenant car bien que les deux artistes se présentent seuls sur scène avec leurs seules guitares (et quelques samples tout de même), leurs styles sont radicalement différents. Les fans aussi. Et, malheureusement pour le Lillois, son public n’a pas vraiment fait le déplacement ce soir. Certes, son concert présente toujours cette petite touche de folie que l’on aime tant chez lui et en cela Tony Melvil est fidèle à lui-même, mais la sauce ne prend pas vraiment avec le public. Même si, par moments, la magie opère (« Les miroirs à l’envers ») et suscite même un certain intérêt (« J’aurais pu être meilleur »), son humour passe mal (« Le tango des armes à feu », dédié à Donald Trump avec sa chorégraphie spéciale). On espère quand même bientôt le revoir, surtout avec son projet en commun avec Usmar (« Quand je serai petit« ).

Enfin, la star de la soirée paraît. Dans un Grand Mix comble (c’est complet) et entièrement acquis à sa cause. Giédré est contente d’être de retour à Tourcoing, ne serait-ce que parce que « c’est mieux que le Sud Soudan ». Les premières blagues sont bien sur à destination du public nordiste (sa principale source d’inspiration d’après elle). Et le grand déballage d’insanités peut commencer. Tout y passe : les handicapés (« La bande à Jacky », « Les légumes »), la scatologie (« Tire la chasse », « Les croûtons »). Et même si cela va parfois un peu loin, rien ne rebute les spectateurs, tout heureux de pouvoir hurler à Gorge déployée des horreurs qu’ils ne prononceraient nuls par ailleurs en faisant des anus avec leurs doigts (vous regarderez des photos sur un autre site, ici ce n’est pas permis). Derrière moi, un groupe de jeunes femmes sont hilares du début à la fin, reprenant en choeur chaque chanson. Des gens se tordent de rire à chaque fois qu’elle finit un couplet. La formule fonctionne toujours aussi bien. Bien qu’elle soit seule sur scène s’accompagnant de sa guitare et plus rarement d’un clavier, ce spectacle semble mieux maîtrisé que le précédent qui pâtissait de quelques longueurs.

Même si ses prestations gagneraient sans doute si elle était accompagnée d’un groupe (comme le fait Oldelaf). Souvent comparée à Brassens pour ses textes crus notamment, il faut bien avouer que Giédré (qui cela dit en passant joue moins de son accent lituanien) va vraiment beaucoup plus loin que son illustre aîné. Mais bien évidemment la provocation n’est pas gratuite. Sont abordés, l’écologie (« Le gros enculé », « Le roi des animaux »), le féminisme (« Ferme ta gueule », Toutes des putes », « Pisser debout ») et même la mort (« Quand on est mort », « Grand-mère ») d’une façon aussi réjouissante que salutaire. Lorsque le public sort, vers 23 heures, tout le monde paraît ravi d’avoir passé une bonne soirée, instant de déconnexion bien venu en plein milieu de cette semaine d’hiver.

Nicolas Fournier

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