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Thomas Fersen
Interviews

Thomas Fersen au Colisée de Roubaix Chronique et Interview Facétieuse/Sérieuse

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22 décembre 2023 - par Marieh Bellynck

Thomas Fersen au Colisée de Roubaix – 20 décembre 2023

C’est une soirée un peu particulière ce soir au Colisée pour Thomas Fersen qui présente son

spectacle Mon frère c’est dieu sur Terre, pour la dernière fois de l’année 2023.
On connaît le chanteur pour sa carrière de près de trente ans maintenant, mais à bien y regarder on
peut se demander si les années ont passé.
Si la forme a un peu changé, nous y reviendrons après, on retrouve l’univers riche et foisonnant de
l’artiste dans lequel l’enfance est omniprésente. La voix est là aussi, unique en son genre, une
signature.
C’est ce que l’on pourrait appeler « Le Monde de Thomas Fersen ».
Il était presque logique de vouloir mettre un jour ce monde sur papier.
Notre chanteur s’y est attelé et ce beau projet est né, du papier a jailli ce spectacle, protéiforme,
puisque théâtre, poésie et chanson se croisent. Des chansons en effet, issus de la discographie de
l’artiste viennent émailler le texte, éclairant par la même cette discographie, dans un jeu de miroir
où l’on se demande qui est le double, entre la chanson et le texte.
Et la question du double de se poser, tout d’abord à travers le personnage du grand frère, celui qui
donne son titre à l’œuvre. Qui est-il pour Thomas Fersen ? Le personnage « imaginé » désigné
comme tel en mot de clôture de la pièce, ou un double de l’artiste, un double plus sombre, effaçant
la douceur d’un univers en apparence joyeuse.
On peut alors se demander si la facétie qui caractérise si bien Thomas Fersen n’est pas depuis
toujours qu’un masque, et si la farce et les frasques racontées ne sont pas qu’un « parapluie » (on
sait l’objet cher à l’auteur) rempart contre le sérieux du monde.
Encore une fois on y regardant bien, ce sérieux est bien présent, il sillonne le texte, de la boule de
démolition (celle qui sur scène devient boule à facettes lors de la première boum) jusqu’à
l’enterrement du scarabée, en passant par la mort « rêvée » du frère.

 

Quoi de plus naturel donc, que de proposer à Thomas Fersen de se prêter au jeu de
notre interview facétieuse doublée de sa face sérieuse :

Sur l’enfance :
Questions facétieuses:
– Quels dessins animés ont peuplé ton enfance ?
Il y en a eu peu: j’ai vu le livre de la jungle à sa sortie dans un cinéma place de la
nation, j’ai vu les aristochats et j’ai vu le premier film de Lucky Luke au Gaumont
Palace de la place Clichy avant qu’il ne soit démoli. J’ai vu « Le roi et l’oiseau »,
mais je ne sais plus dans quelles circonstances.
– Quels sont les jeux qui t’ont marqué ?
Je jouais beaucoup.
Avec les autres dans la cour de la cité, mais aussi seul dans ma chambre où
j’inventais le théâtre.
– L’enfance, l’adolescence c’est aussi l’école, même si le spectacle n’aborde pas la
question, as-tu des souvenirs précis de ce lieu, des anecdotes ?
L’école était communiste, la cour était féodale, et la maison patriarcale. Je
m’adaptais.
Questions face sérieuse :
– Quels héros littéraires ont peuplé ton enfance ?
Poil de carotte, Tom Sawyer, Rémi (Sans famille), Gavroche, Oliver Twist, le petit
Chose, etc
– Et aujourd’hui, quels sont tes exemples en littérature ?
Mon rapport à la littérature est d’y trouver des compagnons.
– Que penses-tu de la jeunesse d’aujourd’hui ?
Je fais jamais de généralité. Je ne m’intéresse qu’aux cas particuliers.
Sur l’amour, qui est présent depuis Sabine…
L’insaisissable
Question facétieuse :
– Un premier baiser à raconter ?
Le premier, je l’ai raté. C’est le troisième qui est inoubliable. Il y a un poème sur ce
troisième baiser dans mon livre Dieu sur Terre: «La pelle que tu m’as roulée avait le
goût de la noyade, et je me suis laissé coulé au fond de cette eau noire et froide…»
Question face sérieuse :
– Est-ce que l’amour ça dure toujours ?
L’amour est anarchie.
Sur la langue :
Questions facétieuses :
Dans ton spectacle, tu abordes la question du pouvoir du mot par l’évocation des
pensées magiques, ces mots qu’on s’interdit de prononcer de peur qu’un malheur
n’arrive.
– As-tu souvenir d’un mot de ce type ?
Bien sûr. Les mots à ne pas prononcer ne s’oublient pas.
Question face sérieuse :
Tu pratiques une langue jubilatoire, le plaisir du mot est palpable et ce que tu
nommes « vers dévergondés» vient bien illustrer cette idée. En effet, le décalage
entre l’octosyllabe, sérieux et bien tourné, et le mot de la chute qui arrive toujours à
point nommé, familier à souhait est particulièrement savoureux. Le public rit et en
redemande. Alors parlons « mots ». Peux-tu nous donner :
– Un mot de la langue sans pareil ?
Fenouil est le seul mot masculin en ouil
– Un mot joyeux ?
Pif
Sur l’écriture :
Questions facétieuses :
– Les endroits incongrus dans lesquels les idées naissent, dans lesquels on les
écrit ?
La salle d’attente du dentiste
Questions face sérieuse :
– Dans une interview tu disais échapper à l’angoisse de la page blanche car ce sont
les idées qui te font prendre une feuille, mais as-tu cependant un ou plusieurs
rituels d’écriture ?
Aucun.
– On peut être surpris en découvrant ton spectacle, d’observer que la narration
s’arrête aux prémices de l’âge adulte. Peut-on y voir une limite à l’écriture ?
Non. C’est la fin naturelle d’un roman d’apprentissage.

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