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Moran, Sans abri 2013

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29 mars 2013 - par L'équipe

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« Réveille-toi, belle endormie…

 Il y a des instants musicaux qui ne s’oublient pas. Des apartés, hors de l’ordinaire, qui vous apportent une satisfaction intense, une douce sensation de plaisir. Ma deuxième rencontre avec Jeff Moran est de ceux-là. Accompagné de son guitariste Thomas Carbou, de leur gentillesse et de leur simplicité, ils vinrent nous rejoindre pour une émission dans un repaire d’étudiants. Ils s’installèrent sans mot dire, sans exigence et ils commencèrent à jouer. Pourtant tout à côté de nous, ils nous ouvrirent leur monde et, lentement, ils nous y firent pénétrer en douceur, tout en langueur, sans contrainte pour quelques longues minutes de plaisir….
Ils venaient annoncer l’un des derniers concerts de la tournée de son album Mammifères et ce soir là, ils se produisaient au festival Les Enchanteurs. C’était en avril 2012.

« Avec des doigts de fermiers, c’est dur la guitare »

Moran vient d’un Québec profond. À la maison, la télé et la radio débitent de l’anglais, mais on parle français. (D’où une facilité de passer de l’un à l’autre, de faire passer le franglais sans difficulté). Aucun instrument de musique à l’horizon. Il rejoint Montréal à dix-huit ans. Lui qui n’a jamais touché une guitare et qui ne chante pas s’en fait offrir une pour son trentième anniversaire et, à l’image de l’autodidacte qu’il est, s’enferme une année entière pour apprendre à jouer, chanter, enregistrer et peaufiner son écriture. Et Moran sait incruster les mots sur une mélodie. Grand admirateur de Léo Ferré et de Bob Dylan, il réalise le lien entre le folk américain et la chanson francophone.
Un an plus tard, en mai 2006, naît son premier album Tabac. Un disque audacieux coloré folk-pop. Moran se taille rapidement une place de choix sur la scène musicale québécoise. En septembre 2006, il remporte le prestigieux prix Gilles-Vigneault du meilleur auteur-compositeur en émergence remis par la Société des auteurs-compositeurs du Québec (SPACQ); En 2008, celui du Coup de Cœur de l’Académie Charles Cros, en France. Son deuxième album Mammifères, paru en 2010 au Québec est nominé à l’ADISQ dans la catégorie Auteur/compositeur de l’année. Deux ans plus tard, Moran présente Mammifères en France et le printemps est consacré à une tournée européenne. En mai 2012, le chanteur reçoit, pour une deuxième fois (c’est rare!), les honneurs de l’Académie française Charles Cros.

…tu es une ourse dans l’hiver, au beau milieu de l’insomnie…

Et voici son nouvel album Sans abri, après Tabac (2006) et Mammifères (2010).

Ce troisième album, spontané et sans compromis, est d’abord le résultat d’une amitié entre Moran et ses musiciens, le guitariste Thomas Carbou, le batteur Sylvain Coulombe, le contrebassiste/bassiste Mathieu Désy.
On sent d’entrée des prises sur le vif, en direct, sans retouche, la volonté de ne pas tricher. Et puis, il faut se laisser aller : il faut s’imaginer au bord de plages, entouré de paysages, dans la belle province, dans un désert. Onze
panoramas, onze clichés, onze sensations et sentiments différents. Il faut se figurer le rythme tel le ressac, les chansons telles des vagues qui viennent lentement s’échouer et caresser vos pieds. Et les paroles deviennent des rochers qui émergent et qui vous font sombrer; et parfois le tonnerre gronde. Et après la tempête, quelque part dans la tête, viennent les regrets, le beau temps, le calme, la sérénité et la nostalgie.

On sent les grands espaces, la profondeur des sentiments, la souffrance et l’envie de voir plus loin que l’horizon, l’envie de guérir d’amours contrariées, l’importance de vivre l’instant présent. Et on navigue d’un continent à l’autre, d’une bouche à l’autre, d’une langue à l’autre, avec une facilité déconcertante. Le franglais est très efficace lorsque l’on sait s’en servir avec talent. Et au-delà de cette voix brute, chaude et sincère, on devine un regard transperçant, et il l’est. On perçoit les choeurs tels des nuages qui traversent l’espace entre deux continents. On perçoit la vie et l’amour qui s’écoulent, des larmes qui tombent, l’angoisse de la solitude, un coeur qui bât et qui s’emporte sous l’effet d’une colère contenue qui, soudain, explose; le désert, le vent qui se transforme soudain en un brasier puis un souffle de liberté et une soif d’indépendance.
Une voix chaude et grave dans une musique de velours, un délice pour les cages à miel.
… garde pour moi un oeil ouvert »

 

L’auteur :
M. Bix, chronique de l’album “Sans abri” de Moran, disponible sur Itunes.

L’écoute de l’album en 8 minutes par M.Bix (nécessite windows media player ou quick time player ou real player) ici.

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