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Le Prince Miiaou : “Victoire” son nouvel album est disponible

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24 septembre 2018 - par Sébastien CIRON

« Je m’appelle toujours Maud Elisa, je vis toujours à la campagne, toujours pas maquée avec une star… alors comment intéresser les gens ? »

C’est vrai ça : comment paraître neuve quand vous avez dix ans d’existence comme Le Prince Miiaou, quatre albums dans les pattes et que le nom de votre projet est toujours aussi difficile à épeler ?

Dur à dire. Vendre un disque sans histoire, c’est possible ? Et pour composer un morceau qui ferait le pont entre Rihanna et Sujfan Stevens, on fait comment ? Peut-être faudrait- il pour répondre à tout ça commencer par remonter le film, comme souvent avec Le Prince Miiaou, à l’envers.


Son dernier album, « Where is the Queen ?», remonte à 2014. Quatre ans plus tard Maud-Elisa Mandeau n’a changé ni de nom, ni d’adresse. Musicalement, c’est autre chose. Car la carrière du Prince Miiaou est une ligne faussement droite.

Un peu comme si la terre penchait, un peu comme Christophe en fait, auquel elle fait terriblement penser dans son envie de zig et de zag sur le déchirant titre Poisson. Ou comme sur Victoire, quand elle envoie chier les codes de l’indie pour mêler Radiohead et Skrillex pendant les huit minutes que durent cette montée jouissive qui devrait tordre l’oreille à ceux qui croient encore qu’elle n’est que la PJ Harvey du Larzac.

Pour en arriver là, Maud-Elisa a pris le temps de réfléchir.

Les mirages du mainstream, merci bonsoir. Elle adhère plus volontiers aux méthode fait maison et aux charmes de l’indépendance. En fait, la musicienne a eu envie de composer un disque avec des dérapages au frein à main ; pouvoir expérimenter sans barrières mais sans se complaire pour autant dans l’esthétique de la précarité.

Ainsi la traversée du désir, ce long silence, a donné lieu à des rencontres surprenantes ! Le Prince Miiaou s’est découvert une obsession pour James Blake et le dubstep, qu’elle a tenté de reproduire à sa manière, de travers, jusqu’à ce que plus aucune de ses influences ne transparaissent et que ses morceaux de fille qui écrit comme un mec ne submergent tout.


« J’aimerais être maçon parfois, j’adore les activités concrètes qui, contrairement à la composition, ont un début et une fin » dit-elle.

Sa manière à elle de bâtir, en 2018, consiste donc à fabriquer des chansons d’artisan à double plancher.

On peut danser et sauter dessus, c’est du solide. Et dans le même temps, les cloisons sont assez fines pour qu’on puisse sentir l’envie de Maud-Elisa de réunir ses multiples sur un disque, pour le coup, vraiment compact. La pop ? Oui, mais pas que. Le rock ? Plus tellement. Des chansons à la limite, mais électroniques et avec une grosse part de production (par elle-même), où chaque son, même minime, a son importance.

Peut-être les entendrez-vous, ces détails qui font d’elle une artiste « à part », autant musicalement que géographiquement, puisque ce cinquième album a été intégralement produit dans le studio qu’elle a construit dans l’ancien pigeonnier de sa maison, à Chalais en Charente, avec l’aide de Norbert Labrousse, batteur du projet, ingénieur du son sur ce coup, qui l’a secondé et a mixé l’ensemble.


On avait oublié de vous dire, mais l’album que vous allez entendre devait s’appeler « Perdu d’avance » ; il s’appellera « Victoire » finalement. Victoire d’avoir fini son disque tout seule, victoire d’avoir réussi à vous embarquer là où Maud-Elisa voulait finalement vous amener depuis le début ; victoire, encore, d’avoir su trouver l’armure (celle de la pochette qu’elle a dégoté dans le vide grenier du village voisin) pour se blinder contre le monde extérieur, victoire d’avoir su apposer des sonorités si modernes et agressives sur son patronyme faussement naïf, victoire contre elle même, enfin, et ses doutes d’artiste qui ne saurait faire quoi d’autre de ses dix doigts.

A ce jour, c’est peut-être le plus raté de tous ses échecs.

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