Trois ans après la mélancolie poétique de Hugh, Goodbye Karelle est de retour avec un projet au titre percutant : Knuckle Breaker MAXXX.
Derrière cette formule aux allures de film d’action ou de combat clandestin se cache en réalité une œuvre profondément intime, brute et identitaire.
Entre souvenirs d’enfance, dualité et affirmation de soi, l’artiste Goodbye Karelle se livre sans fard sur la genèse de ce deuxième opus, façonné en tandem avec le réalisateur Zachary Beaudoin.
Rencontre autour d’un album libérateur qui ose enfin nommer les choses. En concert le 27 octobre 2026 à La Bulle Café à Lille.
Propos recueillis par Céline Galant. Crédit photo : Boy Wonder.
Entre la douceur de Hugh et le titre très évocateur de ce nouvel album, Knuckle Breaker MAXXX, on sent un changement d’énergie. Est-ce que ce disque est une réponse plus frontale, voire plus physique, à la mélancolie du premier opus ?
Goodbye Karelle : Oui, je pense. C’est un album plus assumé. Plus identitaire.
Knuckle Breaker MAXXX (Briseur de phalanges MAXXX) évoque une certaine violence ou un combat. Contre quoi — ou contre qui — Goodbye Karelle se bat-elle dans cet album ?
Goodbye Karelle : Je ne me bats contre personne. Le Knuckle Breaker est un jouet de mon enfance. Il s’inscrit parfaitement dans toute la dualité que je vivais à cette époque. Et pour le « MAXXX », c’est un clin d’œil au 3X !
Ce « MAXXX » rappelle l’esthétique des vieux films d’action ou de la culture underground. Est-ce une invitation à l’excès et au lâcher-prise total ?
Goodbye Karelle : Comme je l’ai mentionné, c’est le nom d’un camion. Pour moi, c’est simplement une référence à mon enfance. Il n’y a pas d’invitation à l’excès ou au lâcher-prise. Par contre, c’est une invitation à assumer ce que nous sommes vraiment.
Comment avez-vous abordé la production de cet album ? Est-ce que le son est devenu plus électrique, plus « industriel », pour coller à ce titre percutant ?
Goodbye Karelle : Nice Run Bird est la première chanson sur laquelle j’ai travaillé avec Zachary Beaudoin. Après ce premier essai, j’ai décidé de faire tout l’album avec lui. Nous sommes partis de là pour créer l’identité sonore du projet. Le titre n’est pas venu influencer le travail artistique. J’avais des choses à dire, des mélodies en tête, et le tout s’est imbriqué naturellement.
On dit souvent que le deuxième album est celui de la confirmation. As-tu ressenti une urgence créative particulière lors de l’enregistrement de ces nouveaux titres ?
Goodbye Karelle : J’ai surtout ressenti le besoin de nommer des choses importantes pour moi. C’est libérateur. Maintenant, ce projet prend vie chez les mélomanes.
On imagine une esthétique très forte pour accompagner un tel nom. Peux-tu nous parler de l’univers visuel (clips, pochette) qui entoure cette sortie ?
Goodbye Karelle : La photographie sur la pochette, c’est moi, enfant. L’utilisation de cette image et ce retour vers l’enfance prouvent que j’ai toujours porté en moi ce trouble de l’identité de genre.