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Interview : Esplanades au Crossroads Festival 2018

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14 septembre 2018 - par YenchY

Esplanades, duo des Hauts-de-France au style flamboyant et audacieux, ouvrait le Crossroads Festival 2018 à Roubaix.

L’occasion de rencontrer les deux musiciens prolifiques du groupe Esplanades. Interview.

Cacestculte.com (CCC) : Bonjour Esplanades ! On va commencer par une question classique : pouvez-vous vous présenter et définir votre musique ? Et comment avez-vous choisi le nom de votre duo ? Êtes-vous fan de la place du Champ de Mars à Lille ?

Tim Fromont Placenti (T) : Nous nous appelons Esplanades et on joue de la pop alternative qui s’inspire autant de Queen que de la pop moderne et frontale à la MGMT. Le groupe est composé de Cucci (Rémi Mencucci, N.D.L.R.) à la batterie et au chant et de moi-même, Tim, guitariste, claviériste et chanteur pour le groupe.

Le groupe s’appelle Esplanades parce que déjà c’est un joli nom et c’est un mot qui est compris dans plusieurs langues. Il évoque les rencontres, la largesse, la promenade, prendre le temps de vivre et d’exister. Il est aussi relié aux thématiques que je développe dans mes textes. Les esplanades étaient les lieux qui se situaient devant les forteresses ou les remparts. C’est le dernier lieu où tu te trouves or d’une zone de confort et de sécurité qui se trouve derrière les remparts. Mais donc aussi le premier endroit où tu te trouves une fois que tu sors de ta zone de confort.

CCC : Il y a deux EP (Extended Play, ou mini-album) qui sont prévus et enregistrés. Pouvez-vous nous en dire plus ?

T : Il y en a un qui sort, sûr, en janvier 2019 et qui s’appelle « Rebirth of Bravery » et qui aura sept titres. Le deuxième est probablement prévu pour la fin 2019, il n’y a pas de sortie précise pour l’instant. Les deux EPs sont mixés par Guyom Pavesi et les deux pochettes sont réalisées par Églantine Bacro du collectif Kiki Bronx.

CCC : Le contenu des EP est-il encore tenu secret ou pouvez-vous nous donner quelques indices sur ce qu’on y trouvera ? Quel sera le lien entre ces deux EPs ?

T : Ce seront deux facettes d’une même médaille. Tous les morceaux ont été enregistrés au même moment. On en a enregistré une vingtaine, on en a sélectionné environ quatorze qu’on estimait appartenir vraiment au même fil rouge, puis on les a séparés en deux entités qui sont cohérentes et autonomes. La différence entre le premier et le deuxième c’est que le deuxième est peut-être un peu plus rock. Il s’agit juste d’une facette du projet, pas d’une évolution à proprement parler.

Le fil rouge ce sera la première saison d’Esplanades, Cucci et Tim qui se retrouvent et qui s’amusent à deux.

CCC : Effectivement, on perçoit chez vous la notion de jeu qui semble importante.

T : Oui, on fait une musique qui doit nous exciter. On s’amuse comme deux gamins en studio et on s’amuse aussi comme deux gamins dans leur chambre sur scène, sauf que du coup on essaie de communiquer cette envie de jouer. On invite aussi les gens du public à venir jouer avec nous.

Rémi “Cucci” Mencucci (C): C’est vrai qu’on est bien notre propre spectateur, des fois tu te surprends aussi, tu t’amuses à trouver des riffs , tu sautilles, tu te surprends à te dire « putain c’est cool ça ! ».

CCC : Vous avez joué deux fois à cette édition du Crossroads Festival 2018. Quel est votre sentiment sur cette expérience ?

T : On a joué hier au Bar Live, il y avait une proximité qui était très forte avec le public. En plus, on ouvrait le festival, on était le premier concert donné après la journée d’information AFDAS et Pôle Emploi Spectacles. J’y serais bien passé d’ailleurs si on n’avait pas été en balances pendant l’après-midi (rires).

Ça a été très bien reçu hier et j’espère que ça a été plutôt bien reçu aujourd’hui lors de notre passage à la Condition Publique d’après ce que l’on nous a dit, mais on n’a pas encore eu le temps de rencontrer les gens puisqu’on est dans les interviews depuis tout à l’heure.

On est plutôt contents des performances, on a travaillé la semaine dernière à la Ferme d’en Haut, pour trois jours de résidences avec un coach scénique. On voulait faire quelque chose de ciselé autant dans la liste des morceaux que dans les déplacements.

Donc on a plutôt pas mal bien bossé ! Et ce n’est pas fini, car on joue samedi à 11h11 au Centre Culturel de Lesquin.

CCC : Revenons un peu à vos projets d’enregistrement. Quel a été votre mode opératoire pour Esplanades ? Avez-vous des instruments fétiches ?

T : Comme là c’était la saison une d’Esplanades, il y a eu un mode de fonctionnement qui ne sera pas forcément celui par lequel on composera par la suite.

Là, le fonctionnement qu’on a eu, c’est : j’écris une chanson guitare-chant ou piano-chant. Je vois ça un peu comme une peau, de la chair et des organes. Et j’arrive, et Cucci donne le squelette. Parce que pour moi, la batterie, c’est elle qui structure le morceau.

C : Et après c’est du feeling, on interagit ensemble, on la joue plusieurs fois, on voit ce qui marche, ce que j’aurais tendance à jouer instinctivement dessus. Puis on fait des ping-pongs.

CCC : C’est un processus assez long, ou un échange plutôt rapide ?

T : On se met d’accord assez vite, oui.

C : Ça peut prendre du temps pour vraiment peaufiner. Comme beaucoup de gens, on est assez perfectionnistes dans la manière d’arranger les morceaux, mais la structure, on l’a assez vite.

T : On remet en question par la suite assez régulièrement pour voir ce que la chanson a dans le ventre.

CCC : Et en ce qui concerne le choix des instruments ou de la couleur sonore ?

C : C’est vrai qu’on aime beaucoup, de par notre curiosité et nos influences musicales, les instruments acoustiques, les vieux synthés, les pédales d’effet, et puis expérimenter aussi. Tim c’est un bon cuisinier, donc il choisit beaucoup de choses, d’arrangements. Un mélange d’instruments virtuels et de vieux orgues des années 1970. C’est vraiment un truc un peu hybride. On aime les sons un peu froids, très numériques, pas seulement parce que c’est moderne, mais parce que ça t’apporte plein de choses. Tu peux les paramétrer comme tu veux. Et en même temps rajouter une chaleur. C’est pour ça qu’on garde une vraie batterie. Ça apporte une énergie qui est propre à la rythmique.

T : C’est aussi pour ça que même si on n’a pas de bassiste sur scène, la piste de basse, jouée par une vraie basse, sort d’un vrai ampli basse. On tient à ce grain rock, c’est aussi ça qui nous parle. Pour ce qui est des arrangements, quand j’écris une chanson j’ai souvent une idée de direction. Mais je sais que ce que Cucci va jouer à la batterie va peut-être changer l’idée que j’avais à la base. Le jeu de groupe se joue comme ça.

CCC : Vous avez fait une reprise de « Plug in Baby » de Muse. Êtes-vous fans de reprises et souhaitez-vous en faire d’autres à l’avenir ?

C : Je pense que c’est souvent plutôt un exercice imposé dans le sens où on ne fait pas souvent de reprises entre nous. Ou alors on se fait des kiffs comme ça en répétition, ou je fais des reprises chez moi pour me chauffer la voix. Ce qu’on aime bien dans la reprise, c’est s’approprier la chanson et la faire à notre sauce.

T : Les reprises qu’on a faites c’était pour des compilations. Notamment une compilation pour l’Aéronef sur les musiques de film. On avait aussi participé à une compilation en hommage aux grèves des mineurs dans les années 1980 sous Margaret Thatcher avec une reprise de Dire Straits à l’époque de TFP (leur ancien groupe commun, NDLR), sans guitare mais avec piano.

Faire une reprise racée différente dans le cadre d’un exercice, je trouve ça fascinant et j’adore ça. Mais en faire une pour notre répertoire…

Tu vois, j’aime bien donner, par exemple pour l’anniversaire de quelqu’un je vais reprendre une chanson, pour faire plaisir. Il n’y a pas encore eu de rencontre particulière qui nous a dit « Il faut absolument qu’on reprenne ça ».

C : Avec TFP on avait fait une reprise de « Believe » de Cher.

T : Ah putain, c’est vrai !!

C : J’avais adoré.

T : Ça, c’est peut-être une face B.

C : On l’avait déjà enregistrée…

T : On l’avait fait en concert plusieurs fois en plus. C’est vrai qu’elle était pas mal. On reprenait aussi une chanson des Smashing Pumpkins quasi à l’identique, peut-être un peu plus rock à partir de leur version concert : « Ava Adore ».

CCC : Quel est votre fantasme ultime de musicien ou de groupe, en terme d’expérience, scène, collaboration, pour lequel vous vous dites : « Si on fait ça, c’est bon, on peut arrêter heureux » ?

T : On va chacun avoir les nôtres j’imagine. Je tiens tout de même à préciser : je n’arrêterai jamais heureux car j’aime trop cet homme.

C : (rires). Non, mais il y a tellement d’aspects dans la musique. Collaborer pour la production d’un album avec des musiciens que l’on aime ce serait super. Par exemple Dan Levy de The Do qui est pour nous quelqu’un de très pertinent et talentueux en terme de réalisation artistique.

T : J’ai eu aussi un petit aperçu de ce que c’était que de faire la première partie de Muse au Main Square Festival en 2015, vu qu’on avait gagné le tremplin avec TFP. Du coup, la veille au soir j’étais dans le public pour les voir et le lendemain on était le premier groupe qui ouvrait la journée. Donc c’était un peu comme une première partie tu vois…

Mais faire la première partie d’un groupe comme ça ce serait incroyable parce qu’il y a un côté un peu de fascination et c’est aussi un peu pour ça qu’on fait de la musique sur scène. On a été un peu conduits par des groupes comme ça, Muse étant l’un des miens.

Donc dans les fantasmes il y aurait à collaborer avec des gens pertinents pour le projet. Ça peut passer par faire une version d’Esplanades où on serait neuf sur scène, avoir un truc encore plus vivant, avec encore plus de musiciens, ce serait super. Et faire la première partie de… parce que jusqu’ici on a fait des premières parties de groupes qu’on aime bien, mais pas de groupes qui nous ont marqués et font partie de nos influences. On fait la première partie de Florence and the Machine, c’est bon quoi.

C : Et puis sur scène, développer quelque chose qui transcende le concert.

T : J’aimerais bien voler moi.

C : En parlant de Muse, Matt Bellamy avait acheté un jetpack qu’il n’a jamais utilisé, et un jour il a dit qu’il allait le ressortir.

T : Je voudrais promener mon chien Bruce en jetpack (réacteur dorsal). Il n’aurait pas peur. Il faudrait juste qu’il porte des lunettes steampunk (rires).

CCC : Est-ce que vous auriez un message à faire passer, quelque chose que vous voudriez dire par le biais de cet interview ?

T : Ne soyons pas absurdes et laissons-nous vivre et laissons vivre les gens. Que les gens puissent aimer, épouser, coucher avec qui ils ont envie. Juste cette sorte de message de paix, de respect et de tolérance absolue et universelle. Ce ne sera jamais cliché de dire ça tant qu’on vit dans une société et dans un régime politique tels que ceux dans lesquels on vit en ce moment.

C : C’est tellement rempli d’amour que je vais apporter un peu de casse-couillite. J’aimerais bien qu’on arrête de dire « un espèce de ». Dites « une espèce ». Ou « une sorte de ».

T : C’est parce que je viens de le dire ?

C : Ah non, pas du tout 🙂 Je ne t’aurais jamais mis en porte à faux… Mais quand j’entends ça, je saigne du nez.

CCC : Et pour finir notre interview pour cacestculte.com, est-ce qu’il y a quelque chose, comme un album ou un film… pour lequel vous vous dites : « Ça, C’est Culte » ?

(ils éclatent de rire puis se regardent)

T : Ok, ok ok. Tu m’arrêtes s’il le faut, mais : l’intégralité de la version française du film « Last Action Hero » John McTiernan !!!

C : Exactement !

T : Eh bien voilà, ça, c’est culte !

C : J’ai envie de dire toutes les citations, là ! Bon, c’est un peu long, mais…

T et C, ensemble : « Il suffit de se balader au volant d’une voiture et de montrer une maison au hasard en disant “Les méchants sont à l’intérieur !!”
– Tu te trouves drôle ?
– Oui extrêmement. Ne suis-je pas le célèbre comique Arnold Albertschweizer ?
– Schwarzenegger !
À tes souhaits ! »

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