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Archive dans les annales de l’Aéronef de Lille

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27 octobre 2015 - par L'équipe

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Dans le cadre du Restriction tour, promouvant le grandiose dernier album du même nom, ainsi que deux décennies de carrière, les Anglais d’Archive donnaient un concert à guichets fermés ce lundi 19 octobre 2015, dans un Aéronef concentré (voir le reportage photographique).

Effectivement, la première partie du concert d’ Archive par le jeune groupe belge BRNS annulée à la dernière minute, le groupe a offert au public, en guise d’ouverture initiatique, son moyen métrage AXIOM, sorti en 2012. Si les 38 minutes cinématographiques à l’ambiance un peu « funeste » que ne renierait pas la chaîne Arte ou David Lynch peuvent dérouter, le son lui envoûte efficacement. L’impression d’avoir gagné au change se fait même ressentir, car l’impatience exacerbée de voir entrer en action le groupe titille l’esprit.

À 21h, il entre en scène en septuo sur le progressif et puissant «Feel it » du dernier cru.

Entonné avec fougue comme pour un slogan par son chanteur habité Dave Pen, le refrain donne le ton hypnotique du spectacle façon Radiohead (période Kid A). La musicalité est riche de virtuosité, car tout est impeccable, à l’instar des jeux de lumière de qualité . La suite ne sera qu’évolution durant près de deux heures car le rock progressif mixé de trip hop, de musique expérimentale et électronique se contera comme une histoire sans fin.

« Fuck you » de 2004 avec ses guitares saturées épiques résonnent à la Nine Inch Nails. Sur « Dangervisit » et « Fish » retour à l’hypnotisme d’un Tom Yorke sous la forme rétro anée 1970 de Pink Floyd. L’intensité augmente d’un cran avec « Crushed » issu de Restriction, qui décidément porte mal son nom en matière de grandiloquence scénique. Les percussions martiales accompagnent à la perfection l’arsenal sonore démultiplié et le vocal brillant de Dave Pen. « Conflict » atypique à souhait avec son rythme tribal., ses sonorités cosmiques et son refrain au karma punk, apporte une forme de transe indéniable dans l’auditoire scotché au sol.

On entre dans une nouvelle dimension avec la prise du micro par la dernière recrue d’Archive

Holly Martin, qui par sa voix cristalline évoque un mélange de Sinead O’Connor et Lou Rhodes, chanteuse du duo Lamb. Sa beauté charismatique venue du nord, mise en valeur par une robe glamour scintillante, égale la prestation du chant. Le moment est divin. Les nappes synthétiques, les notes de guitares et le doux clavier sur « Black and Blue » et « End Of Our Days » enveloppent son timbre avec émotion, grâce et sensualité synergique.

Le sommet est atteint avec l’électro soul rock futuriste « Kid Corner » qui permet à la chanteuse d’exprimer son potentiel, notamment par des poussées ou gestuelles rock and roll. Le refrain soutenu par des percussions sublimes n’est pas en reste. Aucune descente avec le classique « YMMF » car le temps semble s’arrêter sur la trame musicale pleine de vie. « You make me feel stronger » : tout est dit.

Place au guitariste chanteur métissé indien d’Amérique, Pollard Berrier, aussi appliqué, impliqué sur « Distorded Angels » que ses précédents compères.

« Baptism » retrouve son karma Floydien avec le retour au vocal de Dave Pen qui enchaîne sans temps mort sur les rythmiques électros trip-hop de « Ride In Squares ». Archive est aussi, parfois, une réponse organique à Massive Attack. Sur « Bullets » le son est plus chaud et le public esquisse des gestes de danse. Retour vers le futur avec « Nothing Else » issu du premier album culte Londinium de 1996, qui sonne toujours juste en 2015. Sur « Ladders » paru cette année, la longue introduction Floydienne au chant par Pollard Berrier amène une transe fort en émotion, proche aborigène. Sur le final « Numb » (2012), c’est à 8 et sous une rythmique soutenue que s’achèvera ce show très démonstratif en performances, polyphonie et musicalité.

Avec son nouveau spectacle, son histoire, sa maîtrise de la scène tenue par la main de maître Darius Keller, Archive a atteint une entité musicale monumentale, qui met tout le monde sur la même longueur d’onde. Ce soir-là, l’Aéronef a vibré le temps d’un voyage, entre apesanteurs et secousses, que les souvenirs de spectateurs archiveront rayon « grand concert ».

Josse Juilien

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