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The Dø Aéronef lille
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The Dø à Lille : un crescendø de briø

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15 décembre 2015 - par L'équipe

Le duo The Dø emmené par Olivia Merilahti et Dan Levy, récidive la conquête du savoir-faire sur scène, accompagné de leurs trois brillants musiciens, un an tout juste après leur dernier concert complet à l’Aéronef qui suivait de près la sortie de leur troisième album détonant « Shake Shook Shaken » (fraîchement ressorti en édition deluxe – lire la chronique anticipative).

Telle une intrigue de film à la Retour vers le futur, The Dø invite à nouveau Las Aves en première partie, efficaces et compatibles à souhait. Il faut dire les jeunes toulousains (dont le premier EP est justement signé Dan Levy) font preuve d’une sacrée aisance contagieuse et leurs cinq titres électro-rock sont joués avec le pouvoir de la pop obsédante. Le titre jubilatoire « Acid Years » et son tempo métronomique résonne encore aujourd’hui dans mon esprit, comme un leitmotiv de notre époque.

Le rideau de cheveux d’ange illuminé de différentes couleurs, à l’instar d’une décoration de Noël (cela tombe bien) surplombe la scène et ses trois minis podiums où sont installés les claviers et batteries électroniques, de façon théâtrale. Théâtrale, c’est bien de cela quiil s’agit lors de l’entrée de The Dø sur son introduction en deux actes, évoluant de la comptine sentimentale « A mess like this » aux puissantes sonorités électroniques futuristes sur « Omen », instrumentalisée de façon martiale par les percussions et applaudissements synchronisés.

Un bon live se mesure en partie dès son introduction, et sur ce remaniement, le groupe a gagné en évolution et en grandeur. S’ensuivent les trois tubes indéniables du dernier album, « Keep your lips sealed », « Miracles » et « Sparks » sonnant encore plus épiques en concert avec ses claviers cinématographiques, rythmique saccadé, voix trafiquée au pad et surtout par le personnage incarné par Olivia sur scène. Elle est un shake mix original entre la chanteuse Björk et une héroïne manga qui aurait le fabuleux destin d’Amélie Poulain entre ses mains. Une Chantal Goya indie-pop moderne en mode Kill Bill* quand elle prend le micro (*film de Quentin Tarantino, NDLR). On est des enfants face à elle. La performance vocale est non seulement parfaite, mais avec son physique de poupée de porcelaine enfantée par une gestuelle tantôt robotique, tantôt lunatique, elle hypnotise littéralement l’esprit et l’ouïe.

Le pari du virage futuriste amorcé avec l’album Shake Shook Shaken, qui est joué dans son intégralité, à l’exception de « Lick my Wounds », fait preuve de pertinence inédite par la performance. Il est à présent d’autant plus croyable par ce qu’offre la représentation sonore et visuelle, millimétrée au fil des mois. Car niveau musicalité, c’est du bonheur pour les oreilles, ainsi que voir jouer les musiciens avec un tel professionnalisme, un plaisir partagé. Dan Levy, en tête et en mimique jouissive, témoigne son potentiel de multi-instrumentiste à chaque place. Que ce soit au piano, aux percussions électroniques, soit à la guitare, il se donne avec un sex-appeal à la Johnny Depp. La nombreuse clientèle féminine admire, l’audience masculine adhère.

Les basses et sonorités tribales des percussions résonnent avec une justesse bluffante. Celle qui vous fait se dégager des frissons insoupçonnés. Les jeux de lumière scintillent et habillent l’Aéronef avec chaleur, à l’échelle des chansons toujours positives que le public réceptionne bien par ses ovations ou chants en chœur. Olivia nous remerciera justement de s’être déplacé en ces temps troubles, pour venir les voir dans leur bulle, comme un rappel à la réalité extérieure. Elle remerciera aussi émotivement ses musiciens et techniciens, car la tournée touche à sa fin.

Le concert lui aussi touche à sa fin sur deux longs rappels inclut, une version exceptionnelle de « Too insistent » issu du remix de Trentemoller, qui mettra le public en transe jusqu’à la chanson d’amour « Song for lovers » jouées au piano en couple (je t’aime moi non plus) par Olivia et Dan.

Alors aucune ombre au tableau ? Si ce n’est la durée du show que l’on aurait souhaité un peu plus longue avec « On my shoulders » retirée de la liste, au même titre que certaines finales de chansons absolument époustouflantes auraient mérité effet à rallonges, The Dø n’a que pour défaut d’être trop perfectionniste. Leur prix reçut aux victoires de la musique et le succès se comprend aisément quand on les voit.

Durant 90 minutes, la døuceur et la mødernité des The Dø ont embelli l’Aérønef d’un halo bienveillant, idéale dans son rôle de théâtre de la musicalité. The Dø à Lille : quel chouette cadeau mélomane de fin d’année !

Découvrez les photos de la soirée par Sébastien Ciron.

Josse Juilien

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