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OETE, Corssroads Festival
Interviews

Rencontre avec OETE, nouvelle étoile montante de la pop française

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17 novembre 2022 - par Claire KULAGA

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Repéré par les Inouïs du Printemps de Bourges et soutenu par France Inter pour ne citer qu’eux, OETE est l’étoile montante de la nouvelle scène pop française. A 23 ans, il dévoile un premier album hanté, Armes et paillettes, offert comme une célébration, une fête qui se danse sérieusement destinée à nous libérer de nos névroses et où il est question d’amour, de chair, d’identité, de sorties nocturnes ou de MST. Ces chansons crépusculaires colorés, de fureur de vivre et de désespoir qui nous ravissent par leur sincérité, déploient un univers terriblement intimiste, avec un style de variété française revendiqué. Sa « variété alternative » comme il l’appelle, mêle des sonorités pop à la fois modernes et très référencées comme le disco et la new wave.

OETE

Ça C’est Culte l’a rencontré, juste avant son concert à la Condition Publique dans le cadre du 7eCrossroads Festival à Roubaix, le 8 novembre 2022.

Oete_©YannOrhan

CCC : Bonjour, je suis d’abord ravie de te rencontrer. Dis-moi comment vas-tu pour commencer et comment pressens-tu la soirée ?

OETE : Très bien, j’ai hâte ! Je suis très content de la programmation parce qu’il y a pleins d’artistes que je n’avais pas pu voir au Mama (ndlr Le Mama music & Convention a eu lieu du 12 au 14 octobre 2022 à Paris). Je pense à Ada Oda et Uzi Freyja que j’ai trop envie de voir du coup. Et ça va, je suis très content d’être là.

OETE, Corssroads Festival

CCC : Pas trop stressé ?

OETE : Nooon ! C’est le début de la semaine de concerts, c’est très bien !

CCC : Dis-nous d’où tu viens et comment t’es venue l’idée de devenir artiste ?

OETE : Je viens de Maulers qui est un petit village de 250 habitants à côté de Beauvais, en Picardie, et je crois que j’ai entendu la radio quand j’étais petit, et la musique m’a tout de suite transpercé. C’est ce que j’avais absolument envie de faire. Mais quand on vient d’un milieu ouvrier en pleine campagne et qu’on dit « je veux être chanteur », on ne comprend pas trop donc on nous dit « Non, ça c’est pas un vrai métier ». Et puis, j’ai commencé par le théâtre pour découvrir la scène. Il y avait une école de théâtre dans le village d’à côté. Quand je suis arrivé au collège, de la danse était proposée le midi, donc j’ai fait aussi de la danse. Puis après j’ai découvert le cirque. A 17 ans, quand j’ai eu mon premier salaire, je me suis acheté une guitare pour pouvoir faire de la musique.

CCC : Et c’est là que tout a commencé ?

OETE : Oui, ça a commencé avec la gratte ! J’ai exploré avec Youtube, pour apprendre, pour comprendre. 6 mois après je faisais mes premières compositions. Après j’ai basculé sur le piano parce que ça se rapprochait beaucoup plus de ce que j’aimais faire.

CCC : D’où vient le nom de Oete (ndlr prononcer « Eute ») ?

OETE : Je voulais inventer un nom. J’aime bien la prononciation Oete, il y a quelque chose d’un peu allemand, américain, on ne comprend pas trop. Et puis premièrement c’est le mot « Poète » sans le p. Et puis en second, c’est qu’il y a « vous », il y a « moi » et il y a « eux ». Je crois que de part mon parcours et de là d’où je viens, je fais un peu partie de ceux qu’on peut montrer du doigt. J’avais envie d’inclure l’autre dans le projet directement et mes chansons parlent d’eux. J’ai envie de parler à eux ! C’était donc tout ces jeux de mots-là.

CCC : Ton premier album « Armes et paillettes » est sorti récemment en octobre, peux-tu nous le décrire en 3 mots ?

OETE : En 3 mots c’est dur ! 2 je peux ! Si, libération, danser et sérieusement. Je dirais ça !

CCC : Comment définis-tu ton univers musical ?
OETE : J’appelle ça de la variété alternative. Après c’est de la pop ! Je pense qu’on fait tous de la pop, parce que pop c’est populaire, on veut qu’elle soit entendue par un maximum de personnes. Variété alternative car j’ai été baigné dans la variété. Je pense faire une forme de variété, et alternative car la variété a un côté très kitsch et que je n’ai pas envie que ma variété soit kitsch !

CCC : Et ça peut paraître péjoratif quand on dit « variété » !
OETE : Oui c’est exactement ça ! Quand on dit à des personnes « Je fais de la variété », ils pensent à Claude François, une image qui ne correspond pas du tout à ce que font des millions d’artistes. Quand je pense à Bashung, Christophe, Niagara ou Zazie pour moi ce n’est pas de la « mauvaise » variété !

CCC : Du coup, j’enchaîne sur tes sources d’inspiration !

OETE : Du coup, oui, Christophe, Bashung… Daniel Darc beaucoup ! Niagara énormément.

CCC : Dont tu as fait une reprise (ndlr Pendant que les Champs brûlent de Niagara)…

OETE : Oui

CCC : Tu la joues encore sur scène ?

OETE : Non, on l’a fait au début 2 ou 3 fois. J’aime cette chanson et je l’ai reprise à un moment où pour moi elle avait une énorme résonnance, c’était pendant le Covid. Je revois encore mon ancien appartement dans le 15e avec ses grandes baies vitrées et c’était ça « pendant que les champs brûlent j’attends que mes larmes viennent »… En fait le monde partait totalement dans une direction inconnue. Et on était tous là à se demander mais « Qu’est-ce qu’il se passe ? » et d’un côté, moi j’ai eu la chance de ne perdre personne et je n’ai pas vécu ce covid de manière tragique. Il y avait donc un côté incertain à se dire « on fait quoi maintenant ? ».

CCC : Ta relation à la scène et au public depuis ton premier concert en septembre 2021 au Pop up du Label a-t-elle évolué ?

OETE : Totalement ! J’aime beaucoup la scène et je crois qu’aujourd’hui c’est ce que je préfère dans toutes les étapes artistiques par lesquelles je passe, c’est la scène où je me sens le mieux ! Parce qu’il y a un contact direct avec le public, parce que mes chansons sont faites pour être chantées dans les yeux du public. C’est ça qui est beau avec la tournée, surtout quand on est en développement, c’est qu’on n’est pas attendu en fait. C’est à nous d’aller chercher les gens, c’est à nous de leur dire « voilà ma musique ! » et de les faire accrocher. Ce sont des défis que j’adore relever. Et puis les rencontres avec les gens qui sont tellement chaleureux, que quand le lien se crée, on entame quelque chose de fou et j’aime ça ! Me dire qu’une chanson peut résonner chez quelqu’un d’autre c’est très beau.

CCC : Depuis ton premier single HPV sorti en juin 2021, les médias et la presse sont dithyrambiques et ne tarissent pas d’éloges sur toi, tu as une ascension assez fulgurante. Comment tu vis tout ça, et toutes ces belles choses qui t’arrivent ?

OETE : Je prends ça au jour le jour en fait ! Depuis la sortie de l’album je ne sais plus quel jour on est, je ne sais plus la dimension du week-end. Je ne connais plus tout ça mais je suis trop heureux en fait ! Parce qu’on travaille aussi pour ça, on espère que le projet va fonctionner, que la presse va l’accueillir, que les médias vont valider la proposition artistique. Au-delà de l’humain c’est vraiment le projet artistique qui compte et que l’album plaise. Ça veut dire que la trace que j’essaie d’écrire et que je laisse même post-partum est quelque chose que je trouve assez fou.

CCC : On vient de parler de la scène, est-ce que tu as un rituel avant de monter sur scène ?

OETE : Je prends juste une petite pierre que ma mère m’a offerte, un gros câlin aux musiciens et on est parti !

CCC : Toujours concernant la scène, quel est ton meilleur souvenir que tu pourrais partager avec CCC ?

OETE : Oh il y en a plein. Il y a cette petite histoire de Manès, qui est un des plus jeunes qui écoute ma musique et il a 6 ans, il était là au Mama Festival à 23h30 ! De voir la présence de cet enfant c’était très fort. Du coup il est venu sur 3 concerts en tout, ce qui est déjà énorme ! C’est une rencontre dans laquelle j’avais l’impression de me voir moi, petit. Et d’un autre côté, j’avais envie de tout donner pour que cet enfant puisse rêver du plus fort qu’il puisse, qu’il puisse croire à ce qu’il a envie de croire de plus fort. C’était un beau souvenir de scène juste de le voir là avec sa petite affiche OETE, c’était vraiment touchant. 

CCC : On va finir avec les questions « cultes » ! Alors quel serait l’artiste culte avec lequel tu rêverais de faire un duo ?

OETE : Vivant ? Il n’y en a plus beaucoup du coup ! Mon artiste culte vivant ? Houlala…

CCC : Bon tu me donneras un artiste culte disparu après !

OETE : J’adorerais chanter avec Brigitte Fontaine !

CCC : Et en artiste disparu ?

OETE : Bah Daniel Darc. On ferait du coup un trio !

CCC : Quelle est ta chanson culte?

OETE : La nuit je mens d’Alain Bashung. C’est un indémodable. Matin, midi, soir, y’a pas de contexte, elle s’impose à chaque fois. Elle est là et bam !, elle te prend. A la fin, je finis moi aussi avec « J’ai dans les bottes des montagnes de questions ». C’est trop beau, j’adore cette chanson.

CCC : As-tu des coups de cœurs culturels à partager aux lecteurs de CCC ?

OETE : Ouiiiii, bien sûr !

Il y a un très bon livre de Pierre Guénard qui s’appelle « Zéro gloire », Pierre Guénard qui est le chanteur de Radio Elvis.

En musique, j’ai découvert dernièrement Michelle et les Garçons, qui est un projet de Angers et que j’ai adoré avec de très belles vibes à la Rita Mitsouko et Catherine Ringer que je trouve magnifique.

Et au cinéma, j’ai eu la chance d’assister à une projection en avant-première de Pinocchio de Guillermo Del Toro (ndlr sortie dans les salles le 9 décembre 2022), qui a adapté le film en animation et que j’ai trouvé formidable.

CCC : Pour finir, que peut-on te souhaiter pour la suite ?

OETE : Je ne sais pas… Des surprises ! Que ma musique soit écoutée le plus largement, je pense, ça sera la plus belle chose à me souhaiter en fait !

CCC : Merci beaucoup Oete pour ta participation. Pour finir as-tu un petit message pour les lecteurs de CCC ?

OETE : Il y a toujours des surprises dans l’univers.

 

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Nouveau rendez-vous : Oete sera en concert à l’Aéronef le 23 mars 2023 avec Zaho de Sagazan

 

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