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XERSE à L'Opéra de Lille
Reportages

XERSE à L’Opéra de Lille

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12 octobre 2015 - par Sébastien CIRON

XERSE à L’Opéra de Lille : un Opéra pour un roi !

Xerse c’est l’histoire de ce roi perse amoureux de la mauvaise personne. Histoire d’intrigue amoureuse, l’opéra nous présente neuf personnages dont six principaux et un figurant. Pour ce qui est de l’histoire c’est d’une telle complexité que je résumerai par : l’amour s’est compliqué ! Ça se joue de promesse rompue, de quiproquo a n’en plus compter et de scènes qui coule comme du chamallow fondu. L’amour au centre de la pièce prend une tournure presque comique grâce au jeu des acteurs. Entre Romilda, femme indécise devant l’amour et la raison ; Adelante, sa sœur prête a tout pour épouser celui qu’elle aime ; Amastre, petite chose fragile qui essaye de se rebeller contre son amour. Et les deux hommes Xersé, le roi et Arsamene, son frère tous deux amoureux de Romilda. Il faudra attendre la fin pour savoir qui finit avec qui !

L’Opéra n’avait pas était joué depuis 355 ans. Il fut ressorti des archives, actualisé et retravaillé pour être mêlé de danse et être joué sur une musique de Lully, pour les ballets et Cavalli, pour les chants. Un opéra à l’italienne. Quand la musique commence dans le décor de l’Opéra de Lille et les décors du plateau on se sent presque à Versailles ! Royal !

Le décor imaginé par Tim Van Steenbergen rappelle l’histoire mouvementée du dit Opéra ! Écrit par Cavalli à occasion des noces de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Autriche, infante d’Espagne. La pièce commence dans une reconstitution de la galerie d’Apollon. Un rappel au caractère royal des protagonistes et des spectateurs de l’époque. L’image de ce décor fastueux est rompue par les costumes, pour le moins étrange de premiers abords. Dans un style entre le Versailles de Louis XIV,  perse et contemporain les costumes nous interpellent. Le spectateur est un peu confus par le décor au départ mais celui-ci se dévoile au fur et à mesure de l’action. Le plateau lui aussi évolue dans l’action, au départ plat avec un jeu de porte dans la galerie il se métamorphose en deuxième partie et devient sombre. Cette belle galerie est comme détruite par un immense coup de marteau, seul subsiste le moulage de la Victoire de Samothrace (récemment restauré au musée du Louvre) le tout sous les yeux inactifs du veilleur. Ce gardien de musée reste, tout au long de l’action, assis sur sa chaise sans dire un mot. Un peu comme si les personnages n’étaient que les fantômes des acteurs du XVIIe siècle. L’histoire prend une autre symbolique.

Qui dit Opéra dit chant et musique en plus du jeu d’acteur. Les acteurs, chanteurs nous emmènent dans les hauteurs avec leur voix remarquable. Sous la direction d’Emmanelle Haim, l’orchestre nous fait voyager au cœur du XVIIe siècle avec des instruments différents, tel que des violes d’amour (sorte de violon alto), de luths et autres. De plus, on retrouve comme à l’époque de Louis XIV, des intermèdes dansant. En effet Louis XIV était friand de danse. Les danseurs ici mélangent le contemporain et le classique avec des costumes révélant leur style de danse.

Sur une fin grandiose digne d’Hollywood, tous les personnages arrivent en grande pompe et présentent presque leurs ridicules mises-en-scène aux spectateurs. Obligée de rire à cet instant, la salle se rend compte que le roi Xerse n’est plus un Perse mais bien le Roi Louis XIV, en grand costume d’apparat accompagné de son épouse elle aussi habillée comme une meringue. Un Opéra grandiose, mêlé de chants sur une musique magnifique, qui arrive à marier trois cultures totalement différentes et parvient à faire rire le spectateur sur 3h10 de spectacle.

Agnès Paccou

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