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Chroniques

Shifted, la galaxie de Solomon Pico, 2017

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22 juin 2017 - par YenchY

Pour son premier EP « Shifted », le groupe lillois Solomon Pico – à moins qu’il ne s’agisse moins d’un groupe que de l’émanation d’une tête pensante autobaptisée sobrement SP – fait fort. Dans le monde impitoyable du rock, se démarquer d’innombrables groupes de bonne facture représente un véritable défi. Défi partiellement relevé avec cette galette qui veut se montrer ambitieuse mais qui n’est pas avare en références.

Votre serviteur a délibérément choisi de n’évoquer cet EP de Solomon Pico que sous l’angle de la musique, et non vraiment des mots. Aucun petit livret de paroles n’étant, d’ailleurs, livré avec le CD et qui permettrait de démêler les fils des textes prononcés avec un anglais tout à fait correct.

Et pour cause, puisque Solomon Pico / SP a passé une grande partie de sa vie à Londres. Cette ville semble avoir infusé significativement son esthétisme musical. Nous laisserons donc de côté les questions autour du titre de l’EP – « Shifted » -, et les thématiques développées. Ces dernières semblent notamment tourner autour de la mer et de la couleur bleue, en tout cas dans notre imaginaire…

Le disque commence avec « Hang on », une chanson qui semble rogner du côté des guitares puissantes d’un Radiohead dans ses débuts.

La voix chaude de Solomon Pico, qui a parfois tendance à prendre les notes par le bas, revêt des intonations qui font irrésistiblement penser à Bowie. Une référence du projet que l’artiste revendique en toute transparence. Après quelques synthés au son un peu trop kitsch à notre goût, vient la bonne surprise du titre : la propension de Solomon Pico à ne pas faire de chansons linéaires. Il ne sera en effet pas rare de voir des chansons de l’EP basculer en cours de route vers des parties différentes. Pour notre plus grand plaisir !

Le deuxième titre, « WDYD » ou « Why Don’t You Dance » pour les intimes, semble un peu trop agressif et lourd dans son refrain pour vraiment accrocher l’oreille et notre mémoire.

Avec « Brighton Pier », on entre enfin dans le vif du sujet, la guitare créant des effets de « chant des baleines » assez aérien pour transporter les foules. La progression est bien amenée et le thème se boucle avec toujours davantage d’intensité et une part belle laissée à la batterie. Bien joué ! On aurait toutefois aimé une voix féminine plus présente… Elle semble être évanescente par rapport à celle du chanteur et donc ne pas être raccord avec lui.

« Deepest Ocean » entre dans une phase plus électro, avec the cherry on the cupcake : un solo de saxophone du plus bel effet ! Mais encore une fois, une sensation de distance avec la voix féminine un peu frustrante… Ce sera en tout cas dans les trois derniers morceaux de l’EP que Solomon Pico imposera sa patte.

La chanson qui finit l’EP, « Black and Blue », ferme élégamment la marche avec un titre sobre et chaleureux. Des petites nappes de cordes synthétiques lyriques juste ce qu’il faut. Et du saxophone, histoire d’avoir une petite rasade de plus.

Pour résumer l’impression générale de l’EP, on pourra dire que Solomon Pico, c’est un peu comme un bon épisode de Dr Who.

D’abord, une identité et un charme anglais évidents. Ensuite, un pied dans le passé, celui des années 1960-1970, et un pied dans le futur, avec des influences électro qui s’imposent en fin de disque avec des bruitages parfois spectraux. Enfin, la sensation que oui, il faut se l’avouer, on voit parfois les ficelles de certains effets spéciaux, maquillages, masques et autres maquettes à petit budget. Au final, cela n’importe que peu.

Ce qui compte, c’est la qualité du script et le fait que l’on croit en l’intrigue grâce à une mise en scène astucieuse. Et en la matière, que ce soit pour Dr Who ou pour Solomon Pico, force est de constater que le scénario est bon, et pas avare en rebondissements.

En résumé

On a aimé : l’univers spécifique totalement assumé, la voix chaleureuse et expressive de SP, les bonnes guitares. Une section rythmique avec du caractère. L’architecture des morceaux et les enchaînements d’accords atypiques. Et bien sûr le saxophone !

On a moins aimé  : le côté un peu kitsch et/ou plaqué de certains synthés qui ont parfois du mal à se fondre dans l’ensemble. L’aspect fantomatique de la voix féminine qui gagnerait à être traitée de façon plus organique. Question de point de vue…

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Crédit : Nicolas Fatous
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