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INTERVIEW Mickael Karkousse de GOOSE
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INTERVIEW En tête-à-tête avec… Mickael Karkousse de GOOSE (15.10.2014)

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17 octobre 2014 - par L'équipe

Retrouver de bon matin le chanteur leader de Goose, au dernier étage de la tour Buda, à j­-2 des quatre performances fût synergique, tant dans la communication que dans la sincérité ressentie. Propos recueillis par Josse Juilien.

« Josse : Vous allez donner à la Buda Tower de Courtrai quatre concerts dans le cadre de l’exposition annuelle Biennale INTERIEUR. Pouvez-­vous nous parler du nom conceptuel que vous avez choisi De/Re Construction, sonnant très avant­-gardiste et promettant une expérience unique ?

Oui, en fait, il y a un peu une histoire… Il y a un an et demi, Lowie Vermeersch, président de Biennale Interieur, nous a demandé de faire une installation qui serait une interprétation visuelle de notre spectacle. De là on pouvait faire plein de choses. Mais en priorité, nous voulions que notre public soit très près de nous, car, dans les scènes classiques, cela n’arrive jamais. On avait aussi dans l’idée, de ne pas être ensemble, d’avoir notre public de façon personnelle, en faire une expérience. De là, on nous a proposé la Buda Tower, dont l’architecture nous a un peu guidés. On pouvait le faire, mais en se divisant à tous les étages. Donc en faisant ça, tu prends le groupe, quatuor très fort ensemble et tu le déconstruis. Dans la déconstruction, on a fait aussi une musique originale exprès pour cela et comme ce n’est pas une musique de format traditionnel pour un album, on avait aussi plus de liberté. On s’est dit qu’on avait le temps pour une fois avec les chansons, de faire un grand voyage musicalement, de prendre la liberté de faire durer une chanson une demi­-heure.
On a réfléchi aussi : si tu prends Goose et que tu le déconstruis musicalement, que reste-t-il de commun à chaque album ? C’est le groove qui se retrouvera dans cette bande originale, si on peut dire, qui ne sera pas pop, mais progressive…

Justement, Allez-vous d’anciens titres connus, mais dans de nouvelles versions ?

Non, parce que nous voulons vraiment que tout soit atypique, différent d’un concert rock ou de Goose traditionnel. Ce sera entièrement inédit. Le public sera assis car on veut un état méditatif et de concentration de sa part.

N’avez­-vous pas trop le trac à l’idée de vous retrouver seul chacun, face à un public peut être plus intransigeant que sur une scène de festival ?

Oui oui et ça va être de plus en plus intense… Hier on a mis les chaises pour voir ce que ça faisait, et elles sont vraiment très proches (éclat de rire). C’est très personnel, mais c’est ce qu’on voulait vraiment : se mettre dans une situation inconfortable. Sur un grand podium, on croirait que ça donne le trac, mais c’est tout le contraire, c’est anonyme. Alors que là non. On veut retranscrire ce que vit le musicien sur scène, en studio, de la façon la plus honnête. Honnête avec nous-mêmes, honnête avec le public. Sur un podium tu es un « showman » alors qu’on voudrait mettre des sentiments. Là on veut introduire le public humainement à nous.

Vous avez joué pour France Inter lors de votre passage à Paris, trois titres de « Control,control,control » dans des versions minimalistes très réussies, qui malheureusement n’ont pas donné suite. Est­-ce que la performance sera dans cet esprit un peu minimaliste ?

Oui très juste, mais avec aussi des passages acoustiques d’introduction à la batterie. (ndlr : à France Inter c’était effectivement un son de beat machine).

Un film sera projeté durant le show. S’agit-­il d’un film scénarisé ou d’un montage d’images abstraites ?

C’est un film qu’on a fait avec Willy Vanderperre. C’est quelqu’un qui travaille énormément dans la mode. Il fait notamment les campagnes pour Dior… Il a fait un film sur nous pendant que nous répétions le morceau de trente minutes, mais complètement différent de ce que l’on connait des vidéoclips. Il s’est concentré sur nos visages afin de capter les émotions, les expressions, les petits trucs que tu ne peux pas voir habituellement.

Et donc sur les quatre étages, seront diffusées les mêmes séquences ?

Oui, le film qui concerne les visages, mais aussi il y aura des interventions de vidéos en concert qui viendront le couper de façon un peu agressive, afin de voir ce qui se passe dans les autres étages. Comme cela, la communication restera dans l’immeuble.

Envisagez-­vous sortir un témoignage audio ou vidéo de ce qui s’est passé durant les quatre soirs ?

On a vraiment envie de sortir le morceau de trente minutes en tant que chanson, single. Notre défi est qu’au milieu du titre ressort une vraie chanson et pas que des bip bip boom tschuk (éclat de rire) autrement ça ne serait que « arty » et ce n’est pas ce que l’on veut non plus. Donc, notre projet est de le transformer en chanson de trois minutes (pour un nouveau single).

Que va-­t-­il se passer ensuite à l’after­party regroupant logiquement les quatre publics ? Allons­-nous pouvoir y danser ?

Oui absolument ! On fait un truc un peu sérieux, mais tout de suite après la performance, sur écran va s’afficher « Tous à l’after party au rez-de-chaussée », pour faire la fête tous ensemble, tous les soirs jusqu’à très tard ou très tôt (rire). Les gens des quatre étages descendent pour danser, mais aussi pour échanger de ce qu’ils viennent de vivre.

Mais quand les gens prennent leur ticket, savent­-ils à quel étage vont-ils se trouver ? Peuvent-­ils choisir avec qui ils vont tomber ?

Oui ils sauront, mais seront dirigés par le serveur, car tu ne peux pas demander à 400 personnes de choisir. Ils auront un bracelet de couleur qui définira leur étage.

Un nouvel album est donc en préparation ? Après le radical électro-rock « Control,control,control », plus organique que les deux précédents, quelle direction pensez-­vous prendre cette fois ?

Maintenant, du jazz ! (éclat de rire). Non, on a déjà fait plein de morceaux, on a plein de démos. Depuis juin on travaille sur De/Re Construction mais aussi sur le nouvel album qu’on veut encore plus organique, plus construit sur des chansons. Bien sûr toujours accès sur le groove, dansant. « Control, control, control » c’est vrai était un peu moins joyeux comparé à « Bring it on » complètement joyeux, mais nous étions plus jeune. Maintenant on veut aller encore plus loin, faire de l’électro dansant, mais avec de vraies chansons, avec plus de collaborations, de vrais instruments.

Avec SX que vous avez d’ailleurs remixé, peu­t-­on parler d’une scène existante à Courtrai, d’un son pur « made in Kortrijk » ?

Oui parce qu’à Courtrai ce qui est typique c’est le « melting pop » et l’originalité dans la façon de faire tout en s’influençant de partout. Comme au festival Sinxen organisé par De Kreun en juin où tu peux voir, entendre de tout, même des groupes que tu ne pourrais pas combiner habituellement. Mais à Courtrai c’est possible.

Connaissez­-vous d’ailleurs les groupes Human Ressource ou SA 42 de l’époque new beat et techno qui ont une histoire avec Courtrai ? Parfois certaines sonorités de vos synthés sonnent comme cette époque.

Oui c’est probablement les synthés qu’on utilise, et pour le son c’est notre héritage. Par exemple si je pense au groupe Phoenix, quand je les vois en live, je trouve qu’ils sonnent très variété et pourtant je ne pense pas qu’ils écoutent çà. Sans doute aussi l’héritage qu’ils ont de la culture française, comme nous du son électronique de la culture belge. On apprécie, mais on n’écoute pas ça tous les jours.

« L’année dernière vous avez mixé à Berlin le dernier album des Taïwanaises de GOC CHIC We ain’t home, après les avoir choisi en première partie sur votre tournée. Que retenez­-vous de cette première collaboration ? Êtes-­vous toujours en contact ?

Oui en fait c’était un projet de Bart, notre batteur, qui est parti à Berlin mixer l’album avec Peaches qui a fait la production. D’abord, Bart avait mixé Peaches et nous avons tourné en Allemagne et partout en Europe avec les filles. C’était très bien mais comme elles sont taïwanaises, ça fait loin… mais apparemment ça marche bien pour elles en Asie.

Vous êtes assez proche d’une certaine scène électro française avec Vitalic avec qui vous avez posé la voix, Étienne de Crecy avec qui vous avez tourné, ou encore Alex Gopher qui vous a produit. Que pensez-vous de la scène actuelle française ?

Actuellement, je ne vois pas vraiment, honnêtement… Je n’ai pas suivi. Si j’ai vu que Yelle a sorti un nouvel album, que Brodinski devient une star (rire), mais il n’y pas quelque chose spécifiquement qui me touche. D’ailleurs, dans la musique électronique en général, il n’y a rien de nouveau qui se passe vraiment. Donc il est temps qu’une nouvelle vague se fasse, pour que je sois curieux de voir ce que ça donnera (sourire).

Comment fait­-on pour passer d’une scène pure rock comme Werchter à I love techno , se faire réaliser une pochette d’album par le créateur du mythique « Dark side of the moon » (Pink Floyd) ou encore être produit par Paul Stacey, le producteur d’Oasis ? Tout cela en étant discret ici à Courtrai… Quel est votre secret ?

Notre naïveté ; C’est un peu notre état d’esprit, tout comme le projet pour ici qui normalement on ne peut pas le faire. Ce n’est pas quelque chose pour faire plein d’argent, ni trouver un grand public. On le fait parce qu’on a vraiment envie de le faire, qu’on trouve que c’est une histoire que l’on doit raconter… On ferait mieux de ne pas le faire, mais on doit le faire ! (rire) Parce que c’est intéressant pour nous tous, mais aussi que ça pourra influencer d’autres artistes.

Goose en concert à Courtrai les 17,18 (complets), 20 et 24 Octobre 2014.

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