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Depeche Mode au Stade Pierre Mauroy
Reportages

Depeche Mode au Stade Pierre Mauroy, we just can’t get enough !

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30 mai 2017 - par YenchY

L’évènement était tellement attendu – après l’annulation de leur dernière tentative d’occuper le Grand Stade lors de leur tournée précédente – qu’on ne l’attendait plus. Les places pour Depeche Mode, mises en vente en octobre 2016, étaient parties comme des petits pains. C’est dire si, le grand jour arrivé, nous étions nombreux à ne pas vraiment y croire.

Et pourtant, c’est tranquillement que le Stade Pierre Mauroy se remplit, au son d’une musique électro de moins en moins discrète. On a l’impression d’embarquer dans un bateau, voire un vaisseau spatial de grande envergure.

Première étape du voyage, la venue du groupe The Horrors.

On a le droit à du rock sympathique mais pas spécialement marquant. L’esthétique fait penser à du Joy Division, l’énergie désespérée en moins. S’y ajoutent néanmoins des sons synthétiques plus originaux et modernes. La dernière chanson, qui fait la part belle aux envolées synthétiques aux belles textures, attire l’attention. Mais c’est déjà l’heure pour le groupe anglais de partir et de laisser place à la tête d’affiche.

Plongée en règle dans le noir, constellé par les étoiles artificielles des smartphones du public.

À mon étonnement, ce n’est pas un synthétiseur caractéristique des Depeche Mode qui résonne, mais un extrait de “Revolution” des Beatles.

S’ensuivent deux chansons issues du dernier album de Depeche Mode, “Spirit”. Le son est nickel – quoi qu’un peu trop bassé -, les voix sont parfaites. On est clairement là pour passer une bonne soirée. On enchaîne avec des titres plus ou moins récents dont, enfin, le single “Where’s the Revolution”.

Puis un “Wrong” d’une belle puissance, malgré la voix un peu tombante de Dave Gahan sur les fins de phrase qui change un peu l’énergie de la chanson. Gahan, qui nous gratifie de son langage corporel caractéristique, à base de “je tourne sur moi-même” et “je me sers du pied de micro comme d’une haltère”. Une bonne idée dans une configuration “stade” où la quantité d’énergie à déployer par les artistes est considérable.

Depeche Mode au Stade Pierre Mauroy

Le public se lève en masse aux premières notes d’une session “oldies” qui met tout le monde d’accord en deux ou trois morceaux. Parmi les moments marquants, un solo de Martin Gore d’une délicatesse et d’un romantisme assumés et touchants. Sa façon de dire “merci” à la fin de ses morceaux est d’une pudeur qui fait fondre la foule. Fait notable, aucun titre du précédent album “Delta Machine” ne sera joué ce soir-là.

Depeche Mode nous gratifie d’une reprise de “Heroes” de David Bowie, qui s’avère plutôt dispensable étant donné son arrangement proche d’une chanson de U2, égratigné – mais bien trop peu – par quelques dissonances.

Le set se termine sur “Enjoy the Silence” avec une ovation lorsque la foule entonne en chœur le contrechant final.

Puis “Never let me down again” déferle, dans une version remaniée où le public imite, sur l’instrumental de fin, les mouvements de bras de Gahan, décidément très communicatif. On apprécie ses sourires sincères sur les écrans, comme on apprécie, par contraste, la retenue et la concentration de Gore.

Le rappel comprend un nouveau solo de Martin Gore, en piano-voix, qui sonne comme un moment de grâce. Enfin, un “Personal Jesus” très attendu fait hurler les fans de bonheur dès les premières mesures. Mais c’est déjà la fin d’un concert où le temps semble avoir été suspendu. Les gars sur scène semblent être fatigués et heureux en saluant. Une plongée dans le noir de plusieurs dizaines de secondes après le départ du groupe fait espérer un improbable deuxième rappel… Mais les lumières finissent par se rallumer comme pour nous ramener au monde réel.

So, “where’s the revolution ?” Pas vraiment dans l’enceinte du stade, il faut croire. Comme aurait dit No One Is Innocent, ça a manqué d’un peu de sueur. Mais gageons que Depeche Mode, par sa générosité et sa sincérité, aura contribué à faire raviver la flamme.

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