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Affluence record pour le Main Square Festival 2017 portée par la présence de Radiohead

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6 juillet 2017 - par Nicolas FOURNIER

Une édition Main Square Festival 2017 à marquer d’une pierre blanche pour le festival arrageois qui aura accueilli cette année 125 000 personnes sur trois jours.

Rien d’étonnant si l’on se fie à l’affiche du dimanche emmené par les mythiques Radiohead, mais dont le reste de la programmation recelait d’autres pépites.

Une mise en bouche savoureuse…

…avant l’arrivée de Radiohead. Il faut se lever tôt (pour ceux qui étaient déjà de sortie la veille) car les Lillois de Vertigo, issus du tremplin, ouvrent le bal à l’heure du digestif. Leur pop agréable et agrémenté d’un petit côté jazzy passe très bien. Talentueux, on devrait les retrouver avec quelques tubes en puissance comme « Dear Old Friends » ou le plus délicat « On the Shore ». En plus des titres déjà joués lors de l’étape liévinoise du tremplin, on découvre une composition en français. La demi-heure d’ouverture de cette journée suffit à confirmer l’intérêt pour ce groupe local.

On débute alors un jeu de va-et-vient entre les deux scènes (j’ai une combine pour aller plus vite, mais je ne vous la révélerai pas) avec Higly Suspect qui inaugure la Main Stage.

Trio rock très énervé et accompagné d’un DJ plutôt discret. Les Américains sont, semble-t-il, moins connu de ce côté-ci de l’Atlantique. Leur premier titre, « Send Me an Angel » donne une idée de la formule, peut-être un peu trop répétitive. Caché par ses grosses lunettes de soleil et son énorme tatouage à la gorge, le chanteur fait penser à Vald, le rappeur français au programme de la veille. C’est bien foutu, mais déjà d’autres sirènes nous attirent à elles.

Ces sirènes, c’est le groupe Kensington qui les produit. On a fait plus original comme nom. Idem pour la formule qui reprend un rock robuste avec des touches électro. Ils se donnent du mal, avec leur grande bannière (ce sera l’un des seuls groupes à s’annoncer aussi clairement. Ce qui est étonnant). Le chanteur semble concerné en arpentant la scène de la Greenroom et il communique beaucoup avec le public. Allez, on leur laisse leur chance pour leur premier concert dans notre pays. On ne sera pas déçu. C’est plutôt une bonne surprise, pour un groupe programmé en début d’après-midi, où ils joueront plus que les utilités. À suivre.

On enchaîne avec Mark Lanegan

Collaborateur régulier de Josh Homme (Queen of the Stone Ages) entre autres, il impose un style varié porté par une voix rauque. Son set est l’un des mieux construits de la journée. Alternant entre un rock élégant et tendre (« Nocturne ») et des morceaux brefs et urgents (« Hit The City », « Harvest Home »), il donnera un panel plutôt complet de sa carrière. Il n’a certes, pas vraiment le temps de parler entre les titres, mais sa seule présence charismatique suffit à captiver l’attention. Il finira par une reprise de « Love will tear us apart ». Sans doute l’heure de concert la mieux gérée de la journée.

Place aux têtes d’affiches

En attendant de voir Seasick Steve, on découvre pendant un petit quart d’heure Spoon. Eux aussi semblent maîtriser leur formule faite d’une pop entraînante et fraîche qui semble ancrée dans la tradition britannique (le refrain en onomatopée de « Do You »). Assez peu connu, le groupe accuse quand même un bon 20 ans de carrière. Même avec cette grosse basse qui incite à se bouger, il est difficile de ne pas trouver ça un peu trop convenu.

seasicj steve_msfEnfin, l’un des grands moments du festival. La prestation étourdissante de Seasick Steve.

Vieux bluesman découvert sur le tard. Il va mettre tout le monde d’accord avec ses instruments faits de bric et de broc. Comme cette planche à laver reconvertie en guitare monocorde qui suffit à captiver l’attention. Sa prestation et celle de son batteur, seul musicien présent à ses côtés, est étincelante. Ils se font face sur un espace étonnamment réduit de la scène, comme une sorte d’allégorie à l’industrie musicale qui la snobait. Le vieux monsieur à la longue barbe blanche prend un plaisir évident à être là.

Histoire de joindre l’utilise à l’agréable, il descendra lui-même dans les premiers rangs pour faire monter une jeune femme à qui il chantera »Walkin’ Man ». Une superbe balade en tête à tête. L’essentiel du spectacle sera assuré par des morceaux rythmés comme ce « Thunderbird » de folie qui clôt son show.
Un nouvel intermède permettra de découvrir The Lemon Twigs. Nouvelles coqueluches des médias (avec un passage dans Quotidien sur TMC). Ils étaient déjà passés dans la région au Grand Mix. Accoutrements branchés, compositions empruntant à Queen et aux Beatles. Désolé, je n’adhère pas vraiment.

Une dernière ligne droite éclectique

On entre maintenant dans la dernière ligne droite avec un enchaînement aussi éclectique que jouissif : la Femme, Naïve New Beaters et Savages. la femme-msfOn commence par le groupe événement de l’année 2016. La Femme et sa pop audacieuse vont offrir un concert varié au public. Puisant dans toute sa discographie, le groupe ne se satisfait pas d’un concert promotionnel pour le dernier album pourtant salué par la presse.

Après un départ convenu (« Sphinx », « Packshot ») ils s’éloignent ensuite des chemins balisés avec leur titre homonyme « La femme ». On retrouvera bien sûr l’enchaînement de leurs deux tubes (en tout cas mes morceaux préférés) « Si un jour » et « Sur la planche ».

Le groupe réserve encore des surprises avec « Vagues » et « La femme ressort ». Pas vraiment les titres les plus connus de leur répertoire mais tous ces morceaux trouvent leur place dans la setlist de cette soirée. Mais malgré ces audaces, la formation paraît se contenter du minimum. Pas de décoration originale pour un groupe pourtant très visuel, communication réduite avec le public. Dommage il aurait fallu de peu.

nnb_msfPlace à la fête avec les joyeux lurons de Naïve New Beaters

On ne pourra les écouter qu’à la va-vite entre deux concerts. Dommage car la prestation dynamique du trio valait le coup d’œil. En tout cas, ce sont les seuls à avoir transformé la Greenroom en plage géante avec des vagues formées par les bras des festivaliers s’agitant. Ils délivrent leurs tubes taillés pour la fête (« Words hurt », « Made To last long ») et les inévitables « Shit happens » et « Heal Tomorrow ». On regarde une dernière fois ce ballon de plage roulant sur cette mer de bras et l’on abandonne la scène secondaire pour se focaliser sur la Main stage.

savages_msfAutre groupe peu attendu mais qui au final se révélera diablement efficace : on choisira les Savages

Ce quatuor franco-britannique et 100% féminin va être celui qui marquera le plus les esprits. Musique tendue, chanteuse qui captive l’attention (et pas seulement parce que l’on entr’aperçoit ses sous-vêtements). Le groupe fait fort impression. Leurs compositions parlent pour elles et abordent notamment des thèmes relatifs au féminisme. La chanteuse Jehnny s’exprime souvent, avec un gros accent anglais (je la croyais française, mais passons).

Le set est carré et les titres s’enchaînent. Tellement vite que l’on assiste à un moment de flottement où l’on a l’impression que la suite est plus ou moins improvisée. Cela ne limite pas la qualité du groupe qui finit par un sublime « Adore ». La seule chanson au tempo plus lent de la liste de morceaux qui conserve toutefois une tension sublimée par le jeu de la bassiste. Une excellente découverte.

On profite d’un petit moment de calme avant l’événement : le concert de Radiohead. Désolé pour Thylacine qui, au même moment, déroule son fabuleux concept sur le transsibérien. Je l’ai vu en mars à Lille, et je n’avais pas été convaincu par la transposition en concert d’un concept pourtant prometteur et de bonne facture sur disque.

Radiohead : un groupe mythique sur scène

Enfin, le grand moment que tout le monde attend. Avec 42 000 spectateurs la citadelle est comble ce soir (c’était loin d’être le cas cependant sur tous les concerts) pour voir l’un des groupes majeurs de la musique contemporaine. Majeur et imprévisible. On sait déjà qu’ils ne chanteront pas une collection de singles comme d’autres artistes de cette envergure peuvent être tentés de le faire. Il faut s’attendre à deux heures trente (!) exigeantes et espérer quelques morceaux plus accessibles comme « Karma Police » ou « Creep ».

Le concert de Radiohead commence par trois titres issus du dernier album A moon shaped pool. Presque les seuls qui seront joués sur les 24 que comportent le concert des Anglais. Eux utilisent l’écran mis à leur disposition pour y projeter une voûte étoilée du plus bel effet. Par la suite, c’est une projection répétitive d’un patchwork composé d’images retransmises en direct des musiciens dans différente teintes, qui serviront d’habillage vidéo. Plutôt maigre.

L’année 2017 est importante pour le groupe d’Oxford, il s’agit des 20 ans d’OK Computer

Pourtant, ils préféreront fêter les 10 ans d’In Rainbows autre étape-charnière de leur parcours, plus pour son mode de distribution (un téléchargement à prix libre) que pour ses qualités musicales. Que l’on se rassure, le fameux troisième album du groupe n’est pas oublié avec notamment « No Surprises » en rappel. Les fans des débuts rock du groupe seront forcément déçus. Ils pourront se satisfaire avec « My Iron Lung » extrait de The Bends ou encore « There There » dans la même veine.

Alors forcément, l’exigence du groupe Radiohead ne convient pas à tout le monde. Certains partent, d’autres paraissent plus circonspects sur la prestation du quintet. De toute façon les fans du groupe paraissent tout aussi réservés que leurs idoles. Les quelques conversations que j’entends de ceux situés près de moi, semblent retranscrire une joie tout intérieure à l’écoute de leur musique.

Avec un peu d’avance Radiohead quitte la scène. Cette dernière journée aura apporté son lot d’émotion. Des découvertes locales (Vertigo), des pointures internationales (Seasick Steve), des déceptions plus ou moins graves (La Femme, Radiohead). Surtout une énorme gifle (Savages) que l’on espère re(ce)voir à nouveau.

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